| En juillet 1962,
le corps hospitalo-universitaire algérien en nombre très
limité a réussi (avec l’aide de la coopération
technique de plusieurs autres pays) à remettre en marche
la faculté de médecine d’Alger et dès
l’année suivante, 1963 la Société
Algérienne de Chirurgie (SAC) est créée.
Comme sa devantière, la société de médecine
d’Alger, elle organisera le premier samedi de chaque mois
une réunion mensuelle à l’amphithéâtre
de Bichat et à partir de 1970 une réunion à
Constantine et une à Oran.
En collaboration avec la Société de Médecine
d’Alger et les sociétés des sciences médicales
du Maroc et de Tunisie, elle organisera à partir de 1965
des Journées Maghrébines Médicochirurgicales
qui deviendront Congrès Médical Maghrébin
à partir de 1971, congrès se déroulant dans
l’un des trois pays chaque année.
Depuis la société algérienne de chirurgie (avec
la spécialisation de la clinique Bichat en orthopédie)
a transféré ses réunions mensuelles à
l’amphithéâtre de la clinique chirurgicale (CCA),
les réunions mensuelles du samedi étant remplacées
par celle du jeudi mais malheureusement avec une périodicité
beaucoup moins rigoureuse, fonction entre autres du bureau en charge
de la société. De même, avec le développement
des spécialités chirurgicales, de nombreuses sociétés
de chirurgie spécialisée ont vu le jour : chirurgie
orthopédique, pédiatrique, urologique, de neurochirurgie,
d’hydatidologie, de coeliochirurgie et même des sociétés
régionales de chirurgie générale. Certaines
de ces sociétés sont particulièrement actives
comme le montre l’affluence du corps médical lors de
leurs réunions, l’existence d’un site Internet,
l’organisation de journées régionales ou même
nationales en dehors d’Alger.
Qu’en est -il à la société algérienne
de chirurgie, la société mère dont sont issues
toutes les autres ? Si l’on doit se référer
à la fréquentation de ses séances et même
du congrès maghrébin lorsqu’il se déroule
à Alger, force est de reconnaître que son auditoire
est en train de rétrécir comme une peau de chagrin.
Le jeudi 18 octobre 2007, une réunion était organisé
pour le renouvellement du bureau de la société : seuls
15 chirurgiens étaient présents ! Après
la présentation du bilan moral et financier, la désertion
des séances par les collègues était mise sur
le compte essentiellement de la démotivation des hospitalo-universitaires,
le plein-temps aménagé et même le développement
du secteur privé. Si tel était le cas pourquoi les
autres sociétés savantes arrivent à faire le
plein ? Pourquoi les chirurgiens algérois se déplacent
à Oran, Tlemcen, Ain Témouchent etc. où on
rencontre aussi bien les collègues du secteur public que
du secteur privé ?
Si démotivation il y a, il faut donc la rechercher également
et surtout dans la gestion de la SAC. L’exemple
le plus récent est celui du jeudi 18 octobre 2007 où
malgré la présence de seulement 15 personnes on a
voulu élire un nouveau bureau et le plus grave c’est
que l’assistance était informé qu’une
candidature pour chaque poste du bureau a été enregistré.
D’où émanaient ces candidatures ? Le vice-président
aurait présenté sa candidature pour le poste de président,
le SG pour se maintenir au même poste et de même pour
le trésorier, ceci sans parler de la possibilité de
création d’un poste de président d’honneur
qui devait échoir au président sortant. Ainsi, on
se retrouvait avec tout simplement des « élus
désignés » ? Croit-on réellement
qu’avec ces agissements on ramènera un auditoire même
de jeunes chirurgiens et de résidents aux séances
dites mensuelles ? Sûrement pas. Parmi les membres du bureau
sortant, 3 d’entre eux ont occupé un poste ou un autre
pendant plus de 10 ans ! Barakat !
Il fut un temps où pour chaque thème
choisi (2 années auparavant) au congrès maghrébin,
un rapporteur était désigné et un
rapport était rédigé. Ce n’est
malheureusement plus le cas et le comble se sont toujours les membres
du bureaux (qui sont devenus des experts en tout) qui représentent
l’Algérie au Maroc et en Tunisie. En dehors d’eux
l’Algérie ne dispose pas de chirurgiens ! C’est
également les membres du bureau qui sélectionnent
les articles devant paraître sur la revue "Annales
Algériennes de Chirurgie", revue non indexée,
qui n’a ni comité de lecture ni comité scientifique.
Pourtant beaucoup de défis en 2007 se présentent
à toutes les sociétés savantes :
- Quelle est la formation de base qui doit être donnée,
commune à tous les médecins ?
- Quel type de chirurgien généraliste doit être
formé en Algérie, un chirurgien viscéraliste,
un chirurgien urgentiste ?
- Dans quelle mesure la société savante doit être
impliquée tant dans la formation du chirurgien (résidanat)
que dans la formation chirurgicale continue ?
- La SAC doit-elle avoir un mot à dire dans les équivalences
de diplôme de chirurgien obtenu à l’étranger
?
- Quelle est sa position vis-à-vis de certaines missions
médicales (chirurgicales) étrangères exerçant
en Algérie ?
- Quelle est la position de la société vis-à-vis
du développement des médecines non conventionnelles
dites alternatives qui commencent à se développer
en Algérie avec la paupérisation des populations
?
- Comment procéder pour ramener toutes les compétences
chirurgicales exerçant dans le secteur privé, dans
le giron de la SAC ?
- La revue "Annales Algériennes de Chirurgie"
doit-elle continuer à paraître au petit bonheur la
chance selon qu’on trouve un financement ou pas ? Ne doit-on
pas prendre le taureau par les cornes et poser le problème
aux ministères de la santé (direction de la formation)
et de l’enseignement supérieur afin qu’ils
prennent en charge cette publication ?
Les chantiers sont nombreux mais si certains considèrent
que nous sommes encore en 1962 et que la chirurgie ne se pratique
qu’à l’hôpital Mustapha qui de ce fait
doit chapeauter la SAC, alors ce n’est pas à sa mise
en veilleuse qu’on assistera mais plutôt à sa
belle mort.
Par Larbi Abid le 22 octobre 2007 |