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Editorial - Octobre 2005
La grippe aviaire : sommes nous vraiment non concernés ?
par Larbi Abid

TamifluSelon un vétérinaire du ministère de l’agriculture, l’Algérie n’est pas concernée par le risque de contamination par la grippe aviaire car les oiseaux migrateurs venant en Algérie proviennent des pays nordiques et non d’Asie.
Pourtant après les cas déclarés dans les pays d’Asie du Sud-est puis dans les pays de l’ex-URSS, la Roumanie vient de signaler les 3 premiers cas de grippe aviaire chez des canards dans la région du delta du Danube qui d’après le ministre de la santé auraient été contaminé à partir d’oiseaux migrateurs en provenance de Russie. Ces cas ont entraîné un renforcement de la campagne de vaccination anti-grippale des habitants du delta du Danube, région fréquentée par les oiseaux migrateurs.

La grippe aviaire est une infection due à un virus qui comprend plusieurs types parmi lesquels les sous-Transmission de la grippe aviairetypes H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse surtout chez les poulets et les dindes, et être susceptible d’entraîner une mortalité extrêmement élevée dans ces espèces. Le virus de la grippe aviaire, lorsque la souche est hautement pathogène, peut se transmettre exceptionnellement à l’homme, comme cela a été observé au Vietnam. La transmission s’effectue lors de contacts fréquents et intensifs avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés. Une transmission du virus aviaire à l’homme risque de favoriser des échanges de matériel génétique entre les deux virus chez une personne déjà contaminée par le virus de la grippe humain. Un tel réassortiment génétique entre ces deux virus pourrait engendrer l’apparition d’un nouveau type de virus susceptible de s’adapter plus facilement à l’homme. Ce mécanisme faciliterait ainsi la transmission inter humaine de ce nouveau type de virus qui pourrait diffuser sur un mode épidémique voire pandémique.

Ces derniers jours, le Secrétaire général de l’ONU a appelé les leaders du monde entier à redoubler d'efforts dans la lutte contre la grippe aviaire et à fournir les ressources nécessaires pour aider les pays pauvres qui n'ont pas la capacité de mettre en place des systèmes de détection, des programmes de surveillance et des plans de réaction rapide en cas d'épidémie. « Ce n'est pas qu'un problème de santé publique, une telle pandémie pourrait atteindre la structure même de nos sociétés, déstabiliser les moyens d'existence des agriculteurs, affecter le commerce et saturer nos systèmes de santé », a-t-il déclaré lors de sa visite au siège de l'OMS. Un coordonnateur principal des Nations Unies pour les grippes aviaire et humaine, a même était nommé fin septembre 2005. Cela prouve si l’on était besoin que la pandémie de grippe aviaire ne peut être occulté par la partie sud du bassin méditerranéen et à fortiori par l’Algérie.
Récemment la campagne organisée par le ministère de la santé pour se prémunir des risques ophtalmologiques lors de l’éclipse solaire a été un succès grâce aux différents communiqués adressés à la population par les mass média.
Sans vouloir créer d’effet de psychose, la direction de la prévention du ministère de la santé, l’INSP, le ministère de l’agriculture, le ministère de l’intérieur, les douanes (vu le nombre important de containers qui arrivent dans les ports algériens en provenance d’Asie du Sud-est) se doivent de prendre les mesures nécessaires, mesures qu’ils doivent communiquer à tous les professionnels chargés de leur applications si la nécessité s’impose.

  • En cas d’arrivée sur le territoire algérien d’oiseaux contaminés, a-t-on les moyens du diagnostic ?
  • A-t-on prévu de mettre en quarantaine la région considérée ?
  • En cas de nécessité d’abattage massif de cheptel, nos fellahs seront-ils indemnisés ?
  • Le ministère de l’agriculture doit-il dès maintenant faire des réserves de masques pour le personnel chargé de contrôler voire d’éradiquer les éventuels foyers qui se déclareraient ?
  • Doit-on également faire des réserves de Tamiflu ou attendre la mise au point d’un nouveau vaccin en fonction de l’apparition de la grippe ?

Il ne s’agit là que de quelques questions auxquels les décideurs doivent y penser afin de parer dans les meilleures conditions à ce risque.

Professeur Larbi Abid le 10 octobre 2005

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