| Selon
un vétérinaire du ministère de l’agriculture,
l’Algérie n’est pas concernée par le risque
de contamination par la grippe aviaire car les oiseaux migrateurs
venant en Algérie proviennent des pays nordiques et non d’Asie.
Pourtant après les cas déclarés dans les pays
d’Asie du Sud-est puis dans les pays de l’ex-URSS, la
Roumanie vient de signaler les 3 premiers cas de grippe aviaire
chez des canards dans la région du delta du Danube qui d’après
le ministre de la santé auraient été contaminé
à partir d’oiseaux migrateurs en provenance de Russie.
Ces cas ont entraîné un renforcement de la campagne
de vaccination anti-grippale des habitants du delta du Danube, région
fréquentée par les oiseaux migrateurs.
La grippe aviaire est une infection due à
un virus qui comprend plusieurs types parmi lesquels les sous- types
H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces
d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement
contagieuse surtout chez les poulets et les dindes, et être
susceptible d’entraîner une mortalité extrêmement
élevée dans ces espèces. Le virus de la grippe
aviaire, lorsque la souche est hautement pathogène, peut
se transmettre exceptionnellement à l’homme, comme
cela a été observé au Vietnam. La transmission
s’effectue lors de contacts fréquents et intensifs
avec des sécrétions respiratoires ou des déjections
d’animaux infectés. Une transmission du virus aviaire
à l’homme risque de favoriser des échanges de
matériel génétique entre les deux virus chez
une personne déjà contaminée par le virus de
la grippe humain. Un tel réassortiment génétique
entre ces deux virus pourrait engendrer l’apparition d’un
nouveau type de virus susceptible de s’adapter plus facilement
à l’homme. Ce mécanisme faciliterait ainsi la
transmission inter humaine de ce nouveau type de virus qui pourrait
diffuser sur un mode épidémique voire pandémique.
Ces derniers jours, le Secrétaire général
de l’ONU a appelé les leaders du monde entier à
redoubler d'efforts dans la lutte contre la grippe aviaire et à
fournir les ressources nécessaires pour aider les pays pauvres
qui n'ont pas la capacité de mettre en place des systèmes
de détection, des programmes de surveillance et des plans
de réaction rapide en cas d'épidémie. «
Ce n'est pas qu'un problème de santé publique, une
telle pandémie pourrait atteindre la structure même
de nos sociétés, déstabiliser les moyens d'existence
des agriculteurs, affecter le commerce et saturer nos systèmes
de santé », a-t-il déclaré lors de sa
visite au siège de l'OMS. Un coordonnateur principal des
Nations Unies pour les grippes aviaire et humaine, a même
était nommé fin septembre 2005. Cela prouve si l’on
était besoin que la pandémie de grippe aviaire ne
peut être occulté par la partie sud du bassin méditerranéen
et à fortiori par l’Algérie.
Récemment la campagne organisée par le ministère
de la santé pour se prémunir des risques ophtalmologiques
lors de l’éclipse solaire a été un succès
grâce aux différents communiqués adressés
à la population par les mass média.
Sans vouloir créer d’effet de psychose, la direction
de la prévention du ministère de la santé,
l’INSP, le ministère de l’agriculture, le ministère
de l’intérieur, les douanes (vu le nombre important
de containers qui arrivent dans les ports algériens en provenance
d’Asie du Sud-est) se doivent de prendre les mesures nécessaires,
mesures qu’ils doivent communiquer à tous les professionnels
chargés de leur applications si la nécessité
s’impose.
- En cas d’arrivée sur le territoire algérien
d’oiseaux contaminés, a-t-on les moyens du diagnostic ?
- A-t-on prévu de mettre en quarantaine la région
considérée ?
- En cas de nécessité d’abattage massif de
cheptel, nos fellahs seront-ils indemnisés ?
- Le ministère de l’agriculture doit-il dès
maintenant faire des réserves de masques pour le personnel
chargé de contrôler voire d’éradiquer
les éventuels foyers qui se déclareraient ?
- Doit-on également faire des réserves de Tamiflu
ou attendre la mise au point d’un nouveau vaccin en fonction
de l’apparition de la grippe ?
Il ne s’agit là que de quelques questions auxquels
les décideurs doivent y penser afin de parer dans les meilleures
conditions à ce risque.
Professeur Larbi Abid le 10 octobre 2005 |