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Editorial - Septembre 2008
Nul n'est prophète en son pays
par Larbi Abid

 

Il est plus difficile d'être apprécié et reconnu chez soi qu'à l'étranger et on a tendance à croire des étrangers avant de croire ses compatriotes. Ce constat n’est pas spécifique à l’Algérie mais il semble quand même plus ancré dans nos moeurs qu’ailleurs et cela commence dans la famille même où les parents pour un problème de santé par exemple préfère l’avis d’un médecin en dehors de la famille même si un membre de celle-ci est du corps médical.
Dans les autres domaines également, on constate que plusieurs sommités algériennes n’ont eu la consécration en Algérie qu’après que l’Etranger les ai reconnus. A titre d’exemple, on peut citer notre académicienne Assia Djebbar, Nourreddine Abba, Yasmina Khadra et tant d’autres qui ont attendu d’être reconnus à l’étranger avant de l’être dans leur pays.

En médecine et en chirurgie également plusieurs collègues ayant eu beaucoup de difficultés dans l’exercice de leur profession se sont exilés à l’étranger et certains d’entre eux ont pu se faire un nom et revenir soit à titre bénévole soit au titre de la nouvelle nationalité qu’ils ont acquise pour exercer leur talent non reconnu lorsqu’ils étaient dans leur pays. Nous ne voulons pas citer de noms, mais on peut rappeler quelques chirurgiens généralistes ou urologues qui viennent réaliser des greffes rénales de temps à autre en Algérie (c’est tout à leur honneur) alors que cette technique est parfaitement maîtrisée par les chirurgiens locaux qui malheureusement n’ont pas l’environnement adéquat de manière pérenne pour effectuer cette activité.

De même la chirurgie d’exérèse majeure du foie est réalisée par quelques équipes nationales avec beaucoup de difficultés, du fait justement d’un environnement non adéquat et cela depuis des dizaines d’années mais on préfère les ignorer et faire appel à des équipes étrangères pour réaliser quelques actes qu’on montent en exergue en parlant même de « première intervention en Algérie ! ». Nos décideurs considèrent souvent qu’outre méditerranée, les réalisations sont mieux réfléchies, mieux conçues et au lieu d’encourager les équipes locales, on préfère faire appel à des équipes étrangères au lieu d’aller chercher chez nous pour débusquer des initiatives valables. Cet état de fait entraîne la démoralisation des équipes de recherche algérienne qui peinent à garder le feu sacré et à poursuivre leurs activités. Est-ce que cela est dû à l’absence d’information et de communication ou est-ce une volonté manifeste de brimer les compétences nationales ?  La question mérite d’être posée.

Le dernier fait en date concerne la chaîne humanitaire organisée par plusieurs algériens internautes résidants à l’étranger qui ont pris en charge de jeunes enfants algériens souffrant de myéloméningocèle aux USA grâce entre autres à des neurochirurgiens américains d’origine algérienne. Cette équipe qui vient de séjourner en Algérie a été reçu par le docteur Barkat ministre de la santé qui s’est engagé à mettre à la disposition de ces spécialistes « tous les moyens nécessaires pour effectuer de pareilles interventions en Algérie ». Avec les présidents de la Forem, du Conseil National de l’Ordre des Médecins et de la Société Algérienne de Chirurgie Pédiatrique, il a été convenu d’organiser les premières journées neurochirurgicales algéro-américaines à Alger en novembre 2008 ! Certes la pédiatrie et la chirurgie pédiatrique sont concernées par cette affection très handicapante dans ses formes majeures  mais a-t-on le droit d’ignorer les autres spécialités concernées : neurologie , rééducation fonctionnelle, oncologie médicale  et surtout neurochirurgie ? La réaction de la Société Algérienne de NeuroChirurgie (SACN), par la voix de son président, n’a pas tardé bien sûr. Ainsi le président de la SANC précise que cette société regroupe les 110 neurochirurgiens exerçant en Algérie et la dizaine qui exerce en France et que s’il n’existe pas de programme national de dépistage et le diagnostic précoce de cette pathologie, les neurochirurgiens algériens prennent en charge cette pathologie de manière adéquate et conforme aux standards internationaux.

Doit-on continuer à ignorer les compétences nationales et à dérouler le tapis rouge à tout ce qui nous vient de l’étranger ? Doit-on continuer à privilégier les actions ponctuelles et médiatiques au détriment des actions pérennes et en profondeur ?

 

Par Larbi Abid le 25 août 2008

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