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Editorial - Septembre 2006
L’alimentation dans les établissements de santé
par Larbi Abid

Depuis le 30 juin 2006, une circulaire ministérielle interdit, dans les hôpitaux, l’introduction de nourriture provenant de l’extérieur. En fait il s’agit d’interdire aux parents de malades de ramener de la nourriture aux patients hospitalisés. L’argumentaire est qu’un malade hospitalisé doit avoir une alimentation équilibrée fonction de la pathologie. Par ailleurs cette nourriture provenant de l’extérieur, non contrôlée, peut être source de toxi-infections d’origine alimentaire. En effet la préparation des différents repas au domicile puis leur transport jusqu’à l’hôpital se fait le plus souvent dans des sachets en nylon, cabas et autres. Plusieurs heures séparent par ailleurs la préparation du repas de son arrivée à l’hôpital donnant dans certains cas l’occasion aux germes de proliférer en particulier durant la saison chaude.
Pourquoi jusqu’à ce jour cet état de fait était toléré aussi bien par l’administration hospitalière et même par le corps médical ?

Il faut reconnaître que l’enveloppe budgétaire allouée à l’alimentation était insuffisante et ne permettait de distribuer que des repas où prédominaient les légumes secs et les pâtes sous une forme ou une autre. L’expression « régime » pour un malade se traduit au niveau de la cuisine soit par de la vermicelle bouillie avec un peu de beurre ou de la purée de pomme de terre sans sel. Avoir de la viande hachée pour un malade nécessite une ordonnance signée par le chef de service. Outre la qualité, même la quantité laissait à désirer. Face à cette situation connue par tous, les médecins hospitaliers étaient tout contents de constater que la famille pourvoyait à cette lacune de l’hôpital. Et non seulement les parents assuraient l’alimentation de leurs proches mais également des malades d’origine lointaine, qui ne recevaient pas de visites familiales régulières.

Lorsque cette circulaire a été adressée aux hôpitaux, beaucoup de médecins n’y ont pas cru car nos hôpitaux dont la vocation première est la prestation de soins n’arrivent pas atteindre ce but du fait des pénuries chroniques en médicaments, consommables et réactifs de laboratoire. Ainsi on entend souvent dire : « Au lieu de s’occuper de l’hôtellerie (literie et alimentation) qui devrait être sous-traitées, le ministère devrait réhabiliter les services et assurer les moyens pour une prise en charge médicale correcte ».

Sans remettre en cause cet argumentaire, il faut néanmoins reconnaître que la place de l’alimentation est déterminante dans un grand nombre de pathologies (cancers, maladies inflammatoires du colon et de l’intestin, patients opérés de l’appareil digestif, obésité, diabète etc.) et qui peut se répercuter sur la mortalité et la morbidité hospitalière (aggravation de maladies préexistantes, retard de cicatrisation, allongement de la durée moyenne de séjour, augmentation de la prévalence des infections nosocomiales) ce qui aura pour effet d’augmenter les dépenses de santé.

Après deux mois d’application de cette circulaire, les avis sont mitigés tant au niveau des usagers (malades et leurs familles) qui considèrent encore que l’alimentation hospitalière est de mauvaise qualité, qu’au niveau du personnel médical et paramédical hospitalier qui tout en reconnaissant une amélioration sensible tant dans la qualité que dans la quantité, estime que l’on ne peut être juge et partie : le directeur d’un établissement hospitalier qui fait un tour dans les cuisines pour goûter et juger ainsi de la qualité des repas n’a pas les compétences voulues. Les hôpitaux devraient recruter des nutritionnistes voire même créer des "Comités Alimentation et Nutrition" comme ce qui est fait pour les CLIN afin d’évaluer la prise en charge nutritionnelle dans nos hôpitaux et mettre en place des protocoles ou menus fonctions des pathologies.

par Larbi Abid le 04 septembre 2006

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