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Editorial du professeur Larbi Abid - Septembre 2004
Les hépatites virales
Pr. F. CHAOUI

Les hépatites virales constituent tant par leur fréquence que par leur gravité potentielle, un véritable problème de santé publique.
En effet, si leur fréquence varie en fonction du virus (près de 10% des adultes sont séropositifs au virus A dans les pays en voie de développement contre 15 à 30 % de séropositivité pour l’hépatite B), il est bien connu que l’incidence de l’infection par les virus hépatotropes est directement liée au niveau d’hygiène publique et à la pertinence des programmes de santé.
L’Algérie, bien sur, n’échappe pas à la règle générale : pays considéré comme émergent, en pleine transition épidémiologique, il supporte aussi bien les problèmes liés à un niveau d’hygiène encore faible et ceux résultants de la modernité. Le taux de portage d’anticorps anti A chez les algériens de moins de 30 ans est supérieur à 30 %, la prévalence de l’hépatite E est voisine de 20 %, la prévalence de l’hépatite B est de 3 % environ dans la population générale (soit un million de malades potentiels). Quant à la prévalence du virus C, elle est de 1 % chez les donneurs de sang et de près de 50 % dans les populations à risque tels les hémodialysés.
Ces considérations permettent de souligner d’emblée l’importance capitale des mesures de prévention qui doivent prévaloir sur toute autre considération lorsqu’on aborde le problème des hépatites virales. Par exemple la fréquence de celles à transmission entériques (A,E,G) peut être fortement réduite par de simples mesures d’hygiène dont la principale est l’hygiène de l’eau et l’observation rigoureuse des mesures d’hygiène dans les collectivités. Avec la vaccination obligatoire des nourrissons contre le virus B, on peut enfin espérer voir éradiquer cette maladie dans quelques années, en attendant, là aussi, des conseils simples de prévention et la vaccination des personnels à risque permettra sûrement d’en réduire la fréquence. Reste l’hépatite C dont la danger réside dans son fort pourcentage de passage à la chronicité (plus de 70%) avec les complications que l’on sait : cirrhose et carcinome hépato-cellulaire. A ce sujet, les professionnels de santé doivent savoir qu’ils ont le devoir absolu, lorsqu’ils pratiquent des gestes à risque, de prendre toutes les mesures adéquates pour éviter la transmission nosocomiale du virus.
Malheureusement, une bonne proportion des hépatites C observées dans notre expérience a été contractée chez le dentiste ! La généralisation des gestes d’endoscopies et de petite chirurgie en pratique ambulatoire représente également un risque potentiel important de transmission du virus. Il appartient aux pouvoirs publics que j’interpelle, d’élaborer une réglementation dans ce domaine, assortie des moyens efficaces de sa mise en œuvre si l’on veut s’éviter de graves problèmes dans l’avenir.
Le diagnostic d’hépatite virale aiguë est facile : il repose sur la clinique et quelques examens biologiques simples qu’il est inutile de multiplier : le taux de transaminases et le TP sont deux examens qui suffisent à porter le diagnostic et à surveiller l’évolution de la maladie. Par contre, il est important, pour l’enquête épidémiologique et la recherche des marqueurs viraux de déterminer le type de virus incriminé et les circonstances de l’infection.
Toutes les hépatites à virus entérique évoluent favorablement sans traitement en quelques jours sauf lorsque l’infection, en particulier par le virus E survient chez la femme enceinte, sans que l’on sache très bien les raisons de cette évolution fulminante ! Par conséquent les traitement, régime et la multiplication des examens biologiques et échographiques sont parfaitement inutiles en dehors de la survenue de l’hépatite au cours d’un état de grossesse, qui doit sans délais aboutir à l’hospitalisation dans un service spécialisé.
La majorité des hépatites B évoluent favorablement mas 10 à 20 % d’entres-elles peuvent évoluer vers la chronicité d’où l’importance du suivi clinique et biologique (transaminases et TP) chez ces malades : toute élévation persistante des transaminases au delà d’un délai d’évolution de 6 mois doit faire adresser le malade au spécialiste.
L’évolution plus favorable des hépatites C doit, sitôt le diagnostic porté, conduire à une consultation chez le spécialiste.
Il n’y a ni régime ni traitement à prescrire à une hépatite aiguë. Le médecin doit s’attacher à rassurer le malade et son entourage et à éviter des prescriptions aussi inutiles qu’onéreuses de "protecteurs" hépatiques, de vitamines ou régimes alimentaires plus ou moins folkloriques.

Pr. F. CHAOUI

Transmis par le professeur Larbi Abid - le 6 septembre 2004


 
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