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Les hépatites virales constituent tant par leur
fréquence que par leur gravité potentielle, un véritable problème
de santé publique.
En effet, si leur fréquence varie en fonction du virus (près de
10% des adultes sont séropositifs au virus A dans les pays en voie
de développement contre 15 à 30 % de séropositivité pour l’hépatite
B), il est bien connu que l’incidence de l’infection par les virus
hépatotropes est directement liée au niveau d’hygiène publique et
à la pertinence des programmes de santé.
L’Algérie, bien sur, n’échappe pas à la règle générale : pays considéré
comme émergent, en pleine transition épidémiologique, il supporte
aussi bien les problèmes liés à un niveau d’hygiène encore faible
et ceux résultants de la modernité. Le taux de portage d’anticorps
anti A chez les algériens de moins de 30 ans est supérieur à 30
%, la prévalence de l’hépatite E est voisine de 20 %, la prévalence
de l’hépatite B est de 3 % environ dans la population générale (soit
un million de malades potentiels). Quant à la prévalence du virus
C, elle est de 1 % chez les donneurs de sang et de près de 50 %
dans les populations à risque tels les hémodialysés.
Ces considérations permettent de souligner d’emblée l’importance
capitale des mesures de prévention qui doivent prévaloir sur toute
autre considération lorsqu’on aborde le problème des hépatites virales.
Par exemple la fréquence de celles à transmission entériques (A,E,G)
peut être fortement réduite par de simples mesures d’hygiène dont
la principale est l’hygiène de l’eau et l’observation rigoureuse
des mesures d’hygiène dans les collectivités. Avec la vaccination
obligatoire des nourrissons contre le virus B, on peut enfin espérer
voir éradiquer cette maladie dans quelques années, en attendant,
là aussi, des conseils simples de prévention et la vaccination des
personnels à risque permettra sûrement d’en réduire la fréquence.
Reste l’hépatite C dont la danger réside dans son fort pourcentage
de passage à la chronicité (plus de 70%) avec les complications
que l’on sait : cirrhose et carcinome hépato-cellulaire. A ce sujet,
les professionnels de santé doivent savoir qu’ils ont le devoir
absolu, lorsqu’ils pratiquent des gestes à risque, de prendre toutes
les mesures adéquates pour éviter la transmission nosocomiale du
virus.
Malheureusement, une bonne proportion des hépatites C observées
dans notre expérience a été contractée chez le dentiste ! La généralisation
des gestes d’endoscopies et de petite chirurgie en pratique ambulatoire
représente également un risque potentiel important de transmission
du virus. Il appartient aux pouvoirs publics que j’interpelle, d’élaborer
une réglementation dans ce domaine, assortie des moyens efficaces
de sa mise en œuvre si l’on veut s’éviter de graves problèmes dans
l’avenir.
Le diagnostic d’hépatite virale aiguë est facile : il repose sur
la clinique et quelques examens biologiques simples qu’il est inutile
de multiplier : le taux de transaminases et le TP sont deux examens
qui suffisent à porter le diagnostic et à surveiller l’évolution
de la maladie. Par contre, il est important, pour l’enquête épidémiologique
et la recherche des marqueurs viraux de déterminer le type de virus
incriminé et les circonstances de l’infection.
Toutes les hépatites à virus entérique évoluent favorablement sans
traitement en quelques jours sauf lorsque l’infection, en particulier
par le virus E survient chez la femme enceinte, sans que l’on sache
très bien les raisons de cette évolution fulminante ! Par conséquent
les traitement, régime et la multiplication des examens biologiques
et échographiques sont parfaitement inutiles en dehors de la survenue
de l’hépatite au cours d’un état de grossesse, qui doit sans délais
aboutir à l’hospitalisation dans un service spécialisé.
La majorité des hépatites B évoluent favorablement mas 10 à 20 %
d’entres-elles peuvent évoluer vers la chronicité d’où l’importance
du suivi clinique et biologique (transaminases et TP) chez ces malades
: toute élévation persistante des transaminases au delà d’un délai
d’évolution de 6 mois doit faire adresser le malade au spécialiste.
L’évolution plus favorable des hépatites C doit, sitôt le diagnostic
porté, conduire à une consultation chez le spécialiste.
Il n’y a ni régime ni traitement à prescrire à une hépatite aiguë.
Le médecin doit s’attacher à rassurer le malade et son entourage
et à éviter des prescriptions aussi inutiles qu’onéreuses de "protecteurs"
hépatiques, de vitamines ou régimes alimentaires plus ou moins folkloriques.
Pr. F. CHAOUI
Transmis par le professeur Larbi Abid - le 6 septembre
2004
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