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La facture du médicament
en Algérie est de plus de 700 millions de dollars pour l’année
2004. Un marché qui représente quelque « 4
000 médicaments, dont 15% seulement sont produits partiellement
ou entièrement chez nous », selon la déclaration,
de M. Amar Tou, ministre de la Santé et de la Réforme
hospitalière.
Une note que les pouvoirs publics tentent de réduire par
l’encouragement à la généralisation du
médicament générique, des efforts jugés
encore insuffisants par les professionnels du secteur. Objet de
nombreuses convoitises pour être porteur, il n’est pas
rare que le marché du médicament en Algérie
enregistre de tumultueuses perturbations à l’instar
des dernières ruptures de stocks, y compris de certains médicaments
vitaux pour les patients. La circulaire interministérielle
de mars 1998, toujours en vigueur selon le responsable d’un
organisme étatique chargé de la distribution du médicament,
définit le mode de calcul des prix et des marges bénéficiaires
des médicaments à usage de médecine humaine.
Elle fixe les modalités de détermination
des prix des médicaments importés et revendus en l’état,
des prix à la production ainsi que les marges bénéficiaires
pour les distributeurs. Pour ces derniers, le calcul des marges
repose sur l’application du système des marges multiples
et régressives qui s’articule autour de quatre fourchettes
de prix plafonnés. Lorsque le prix du médicament va
jusqu’à 70 dinars, la marge est de 20% pour les grossistes
et de 50% pour les pharmaciens au niveau des officines. Si le prix
est compris entre 70 et 110 dinars, les premiers ont une marge de
15%, les seconds de 33%. Si le prix se situe entre 110 et 150 dinars,
les marges sont respectivement de 12 et de 25%. Au-delà de
150 dinars, les premiers ont droit à une marge de 10%, les
seconds à celle de 20%. Ces fourchettes correspondent au
prix CAF (coût, assurances et fret) pour les médicaments
importés et revendus en l’état, et aux prix
de vente à la sortie de l’usine hors taxes pour ceux
fabriqués ou conditionnés. Il est à préciser
que les dépôts de prix des médicaments importés
sont effectués auprès du ministère du Commerce
avant toute commercialisation.
Pour ce qui est des prix à la production
et/ou au conditionnement, ils sont fixés en tenant compte
des coûts et charges d’exploitation qui concourent directement
à la production de ces biens. La valorisation de ces charges
et du coût des matières premières est déterminée
par l’application du taux de changes du jour du dédouanement
de ces matières. Les autres charges sont calculées
par référence aux éléments comptables
et financiers au bilan de l’entreprise. Autre cas, les prix
des médicaments importés et revendus en l’état.
Dans ce cas, les prix sont déterminés par l’importateur
et sous sa propre responsabilité sur la base du prix CAF
majoré des droits, taxes et redevances prévus par
la législation en vigueur, des frais et accessoires réellement
engagés et les marges prélevées comme stipulé
par la loi. Il est en outre utile de savoir que dans le cadre du
contrôle a posteriori des prix des médicaments, l’opérateur
est tenu de justifier à la demande des services habilités
du ministère du Commerce tous les éléments
constitutifs de la structure du prix des médicaments.
Yasmine Ferroukhi - Article proposé
par le professeur Larbi Abid le 23 août 2005 |