Santé Algérie Algérie

Sommaire
Page d'accueil
Présentation du site
La bibliothèque de Santé Maghreb
Les éditos du professeur Abid
Communications scientifiques
Histoire de l'Algérie médicale
Agenda scientifique algérien
Point de vue
Associations algériennes de la santé
Annuaire de la santé en Afrique
Forum de la santé en Afrique
Qui contacter ?

Editorial du professeur Larbi Abid - Août 2003
La progression des hospitalo-universitaires
Professeur Larbi Abid


A la demande du ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique (MESRS), une commission de professeurs hospitalo-universitaires et de membres du ministère de l'enseignement supérieur a été installée en vue d'étudier la problématique de la progression des maîtres-assistants (MA) hospitalo-universitaires liée à la thèse de doctorat en sciences médicales (DESM).

Cette initiative nous semble être le fruit d'une revendication ancienne du syndicat national des maîtres-assistants en sciences médicales (SNMASM) qui a toujours demandé que la thèse de DESM ne soit pas un pré-requis pour la progression hospitalo-universitaire.

En notre qualité d'enseignant hospitalo-universitaire et de membre de comité pédagogique de spécialité (CP), nous n'avons à ce jour jamais reçu le rapport de cette commission de réflexions qui s'est réuni du 19 au 28 mai 2003 et ce n'est que grâce à un comité régional du SNMASM que nous avons pu avoir une copie de ce rapport. (cf : La progression des hospitalo-universitaires)

La lecture de ce rapport amène les remarques suivantes :

  • Tout d'abord en ce qui concerne la composition ce cette commission, on remarque que les facultés de médecine en tant qu'institutions ne sont pas représentées (à l'exception de la faculté de médecine de Constantine qui est représentée par son doyen). Or au niveau de la faculté de médecine existe une sous-direction de la 2ème post-graduation avec une sous-commission des thèses composée du sous-directeur de la 2ème post-graduation, des 3 directeurs des département de la faculté (médecine, pharmacie, chirurgie dentaire), des représentants des enseignants élus au conseil scientifique de la faculté. Néanmoins les enseignants composant cette commission (tous d'Alger) ont tous une expérience du terrain puisqu'ils ont tous occupé (ou occupent) des fonctions pédagogiques et scientifiques à la faculté de médecine.
  • les considérations générales et l'état des lieux présentés par la commission dénotent d'une connaissance parfaite du terrain de la part de la commission. Nous souhaitons que la tutelle en tienne compte, bien que certains aspects n'aient pas été évoqués :
    • Les difficultés rencontrées par les candidats à la thèse de DESM et énumérés par la commission n'est pas exhaustive :
      • Beaucoup de directeurs de thèse ne connaissent pas du tout l'état d'avancement du travail du candidat, n'ont pas les compétences nécessaires en matière de méthodologie de la recherche et de ce fait, rédigent un rapport de conformité qui met souvent les membres du jury désignés dans la gêne. Des incompatibilités entre le directeur de thèse et le candidat surgissent parfois et posent des problèmes à l'administration. Parmi ces problèmes, le candidat est parfois obligé de changer de service. Doit-il alors changer de directeur de thèse si le matériel d'étude n'est plus le même que prévu initialement ? S'il change de directeur de thèse garde-t-il le bénéfice des années d'inscription ? Qu'elle est la position de la faculté devant un directeur qui transmet un rapport de conformité pour un candidat pour lequel la sous-commission des thèses propose un jury et qui revient sur sa décision ?
      • L'insuffisance des moyens techniques et logistique est une caractéristique générale à l'université algérienne et peut-être à beaucoup de pays en développement ce qui remet en cause la recherche scientifique dans notre pays. Lorsqu'un sujet de thèse de DESM est déposé à la faculté, le service de la 2ème post-graduation doit-il le laisser passer lorsqu'il sait pertinemment que les explorations prévues ne peuvent être réalisées en Algérie ?
      • L'aval des experts désignés par la sous-commission des thèses est effectivement attendu parfois pendant plusieurs mois voire en année et certains ne répondent pas du tout sans que la faculté n'ait eu à prendre de sanctions vis-à-vis de ces enseignants. Néanmoins cette expertise est plus que nécessaire car très souvent, le candidat n'a pas de bagages en matière de méthodologie de la recherche et en bio-statistique et de ce fait, la rédaction même de son projet n'est pas conforme.
      • A l'heure actuelle, le directeur de thèse soumet à la sous-commission des thèses, une liste d'une dizaine d'enseignants de rang magistral qui sont censés connaître le sujet traité par le candidat, liste à partir de laquelle la sous-commission choisira le jury. En fait cette liste proposée à titre indicatif peut être modifiée par la sous-commission des thèses s'il s'avère que d'autres enseignants dominant le sujet ont été omis. Dans ces cas, souvent, les directeurs refusent les jurys et font des recours au doyen pour modification.
      • Concernant les jurys, certains points ne sont pas clairs. La présidence doit elle être le fait du professeur le plus ancien quelque soit sa spécialité ou doit elle être prise par l'enseignant de la même spécialité que le candidat ? Et dans ce cas, on peut se retrouver avec un jury présidé par l'enseignant le plus jeune. Un enseignant retraité figurant dans le jury peut-il présider celui-ci ? A ce jour et selon la spécialité et/ou le staff dirigeant la faculté la réponse est variable.
    • Le grade maître-assistant :
      • Tout d'abord, il suffisait dans une première période d'avoir le DEMS et qu'il y ait un poste à pourvoir (ou qu'un chef de service vous accepte) pour être maître-assistant.
      • Par la suite en fonction du nombre de postes ouverts, les premiers classés au DEMS étaient maîtres-assistants
      • Enfin, actuellement, les titulaires du DEMS doivent se présenter à un concours de maîtrise d'assistanat dont les modalités et les points faibles ont bien été analysés par la commission de réflexion.
      • Le nombre de maître-assistants au niveau des 4 principales facultés est très important même s'il est variable selon les spécialités et dans une même spécialité selon les services hospitalo-universitaires. Pour un même nombre de lits et d'unités, un service peut avoir le double d'un autre. Il n'existe pas de normes et avant l'ouverture des postes, chaque faculté envoie une fiche de vœux aux chefs de service qui décident d'ouvrir ou non des postes. Lors des 2 derniers concours un service ayant déjà 4 maîtres-assistants a ouvert 3 autres qui ont été pourvus puis de nouveaux 2 postes. Dans le même hôpital, un service fonctionnant avec un seul maître-assistant faisant office de chef de service n'a pas pu obtenir l'ouverture d'un poste de maître-assistant.
    • Le grade de docent (professeur agrégé) :
      • Il suffisait initialement d'être titulaire du diplôme de DESM c'est à dire d'avoir soutenu sa thèse et de passer une épreuve de titres et travaux.
      • En principe à partir de l'année 1986, les titulaires du DESM devaient en plus passer par un concours dont les modalités comportait outre l'épreuve de titres et travaux, une épreuve dite pratique et une épreuve théorique consistant en une leçon pédagogique. Entre 1986 et 1989 les différentes promotions ont réussi à ne pas faire appliquer le concours et ce n'est donc qu'à partir de 1989 que ce concours a été mis en place. De ce fait le titulaire du DESM restait maître-assistant jusqu'au passage du concours ce qui peut prendre plusieurs années.
      • Comme pour le poste de maître-assistant, l'ouverture des postes est laissé à l'initiative des chefs de service. Ceci est une bonne et une mauvaise chose. Le candidat à l'agrégation formé dans une équipe souhaite y rester. De même son chef de service souhaite le garder pour maintenir une équipe homogène. Cependant les nouvelles facultés à l'intérieur du pays se doivent d'avoir des enseignants de rang magistral.
  • Concernant les propositions de la commission, celle-ci propose à titre transitoire, pour 2 ans, (pourquoi 2 ans ?) de rendre la thèse de DESM optionnelle et non comme pré-requis. Si effectivement la progression du maître-assistant vers le grade de docent ou professeur agrégé peut se passer de la soutenance d'une thèse, un hospitalo-universitaire de rang magistral devrait réaliser et rédiger un travail personnel, sur un matériel algérien qu'il laisserait à la faculté de médecine. Ici se discute également la disparition de la thèse de médecine générale remplacé par quatre rapports de stages qui finissent dans la poubelle et qui ne sont dans la très grande majorité des cas d'aucun intérêt ni pour le candidat, ni pour le service où ce rapport a été réalisé ni pour la faculté qui n'en grade aucun exemplaire. Ne devrait-on pas revenir à un seul rapport (équivalent de la thèse) que chaque interne devrait réaliser au cours de son année d'internat dans un des 4 services où il passe ?
    • La notion d'un parrain qui suivrait le candidat à la thèse de DESM, n'est en fait que le retour en arrière puisque auparavant existait également en plus du directeur de thèse, un rapporteur qui était censé suivre l'état d'avancement du travail. En réalité, ce rapporteur est en porte à faux par rapport au directeur de thèse et il ne peut aplanir les difficultés rencontrées puisque très souvent même l'administration de la faculté n'arrive pas à les aplanir n'ayant aucun moyens financiers à mettre à la disposition du candidat pour mener à terme son travail.
    • Le concours d'accès au DESM, tel que proposé par la commission, nous semble un examen de trop. Les épreuves et les modalités, telles que proposées par la commission, ne sont qu'un "bis-repetita" de la même épreuve que passeront les candidats lors du concours d'agrégation. Qu'elle en est l'utilité vu que l'épreuve de titres et travaux existe aussi lors de l'agrégation ? Le candidat présentant les mêmes documents pour les deux examens.
    • L'épreuve de titres et travaux devrait être présentée par le candidat lui-même au jury qui pourra questionner le candidat sur ces travaux.
    • Pour ceux qui souhaitent passer par la thèse, la notation dans l'épreuve de titres et travaux doit être conséquente. Si la proposition de 15 points est adoptée, elle ne doit pas être diminué à 5 points au bout de 2 ans.
    • Concernant la proposition de création du poste de praticien hospitalier, pour les maîtres-assistants qui ne souhaitent pas accéder au grade de docent, cette proposition ne fera que fonctionnariser les maîtres-assistants. En effet pour pouvoir donner la chance aux titulaires de DEMS d'accéder au grade de maîtres-assistants et aux maîtres-assistants d'accéder au grade de docent, il ne faudrait pas encombrer les services hospitalo-universitaires ni par les spécialistes de santé publique ni par un nouveau corps à créer. Les maîtres-assistants qui ne souhaitent pas progresser se doivent de libérer les postes, soit en rejoignant le corps des spécialistes, soit en s'orientant vers le secteur privé.

Professeur Larbi ABID le 4 août 2003
abid@santemaghreb.com


 
NG COM Santé Tropicale
Copyright © 2004 NG COM Santé tropicale. Tous droits réservés.