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A la demande du ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche
scientifique (MESRS), une commission de professeurs hospitalo-universitaires
et de membres du ministère de l'enseignement supérieur a été installée
en vue d'étudier la problématique de la progression des maîtres-assistants
(MA) hospitalo-universitaires liée à la thèse de doctorat en sciences
médicales (DESM).
Cette initiative nous semble être le fruit d'une revendication
ancienne du syndicat national des maîtres-assistants en sciences
médicales (SNMASM) qui a toujours demandé que la thèse de DESM ne
soit pas un pré-requis pour la progression hospitalo-universitaire.
En notre qualité d'enseignant hospitalo-universitaire et de membre
de comité pédagogique de spécialité (CP), nous n'avons à ce jour
jamais reçu le rapport de cette commission de réflexions qui s'est
réuni du 19 au 28 mai 2003 et ce n'est que grâce à un comité régional
du SNMASM que nous avons pu avoir une copie de ce rapport. (cf :
La progression des hospitalo-universitaires)
La lecture de ce rapport amène les remarques suivantes :
- Tout d'abord en ce qui concerne la composition ce cette commission,
on remarque que les facultés de médecine
en tant qu'institutions ne sont pas représentées (à l'exception
de la faculté de médecine de Constantine qui est représentée par
son doyen). Or au niveau de la faculté de médecine existe une
sous-direction de la 2ème post-graduation avec une sous-commission
des thèses composée du sous-directeur de la 2ème post-graduation,
des 3 directeurs des département de la faculté (médecine, pharmacie,
chirurgie dentaire), des représentants des enseignants élus au
conseil scientifique de la faculté. Néanmoins les enseignants
composant cette commission (tous d'Alger) ont tous une expérience
du terrain puisqu'ils ont tous occupé (ou occupent) des fonctions
pédagogiques et scientifiques à la faculté de médecine.
- les considérations générales et l'état
des lieux présentés par la commission dénotent d'une connaissance
parfaite du terrain de la part de la commission. Nous souhaitons
que la tutelle en tienne compte, bien que certains aspects n'aient
pas été évoqués :
- Les difficultés rencontrées par les candidats à la thèse
de DESM et énumérés par la commission n'est pas exhaustive
:
- Beaucoup de directeurs de thèse ne connaissent pas du
tout l'état d'avancement du travail du candidat, n'ont
pas les compétences nécessaires en matière de méthodologie
de la recherche et de ce fait, rédigent un rapport de
conformité qui met souvent les membres du jury désignés
dans la gêne. Des incompatibilités entre le directeur
de thèse et le candidat surgissent parfois et posent des
problèmes à l'administration. Parmi ces problèmes, le
candidat est parfois obligé de changer de service. Doit-il
alors changer de directeur de thèse si le matériel d'étude
n'est plus le même que prévu initialement ? S'il change
de directeur de thèse garde-t-il le bénéfice des années
d'inscription ? Qu'elle est la position de la faculté
devant un directeur qui transmet un rapport de conformité
pour un candidat pour lequel la sous-commission des thèses
propose un jury et qui revient sur sa décision ?
- L'insuffisance des moyens techniques et logistique est
une caractéristique générale à l'université algérienne
et peut-être à beaucoup de pays en développement ce qui
remet en cause la recherche scientifique dans notre pays.
Lorsqu'un sujet de thèse de DESM est déposé à la faculté,
le service de la 2ème post-graduation doit-il le laisser
passer lorsqu'il sait pertinemment que les explorations
prévues ne peuvent être réalisées en Algérie ?
- L'aval des experts désignés par la sous-commission des
thèses est effectivement attendu parfois pendant plusieurs
mois voire en année et certains ne répondent pas du tout
sans que la faculté n'ait eu à prendre de sanctions vis-à-vis
de ces enseignants. Néanmoins cette expertise est plus
que nécessaire car très souvent, le candidat n'a pas de
bagages en matière de méthodologie de la recherche et
en bio-statistique et de ce fait, la rédaction même de
son projet n'est pas conforme.
- A l'heure actuelle, le directeur de thèse soumet à la
sous-commission des thèses, une liste d'une dizaine d'enseignants
de rang magistral qui sont censés connaître le sujet traité
par le candidat, liste à partir de laquelle la sous-commission
choisira le jury. En fait cette liste proposée à titre
indicatif peut être modifiée par la sous-commission des
thèses s'il s'avère que d'autres enseignants dominant
le sujet ont été omis. Dans ces cas, souvent, les directeurs
refusent les jurys et font des recours au doyen pour modification.
- Concernant les jurys, certains points ne sont pas clairs.
La présidence doit elle être le fait du professeur le
plus ancien quelque soit sa spécialité ou doit elle être
prise par l'enseignant de la même spécialité que le candidat
? Et dans ce cas, on peut se retrouver avec un jury présidé
par l'enseignant le plus jeune. Un enseignant retraité
figurant dans le jury peut-il présider celui-ci ? A ce
jour et selon la spécialité et/ou le staff dirigeant la
faculté la réponse est variable.
- Le grade maître-assistant :
- Tout d'abord, il suffisait dans une première période
d'avoir le DEMS et qu'il y ait un poste à pourvoir (ou
qu'un chef de service vous accepte) pour être maître-assistant.
- Par la suite en fonction du nombre de postes ouverts,
les premiers classés au DEMS étaient maîtres-assistants
- Enfin, actuellement, les titulaires du DEMS doivent
se présenter à un concours de maîtrise d'assistanat dont
les modalités et les points faibles ont bien été analysés
par la commission de réflexion.
- Le nombre de maître-assistants au niveau des 4 principales
facultés est très important même s'il est variable selon
les spécialités et dans une même spécialité selon les
services hospitalo-universitaires. Pour un même nombre
de lits et d'unités, un service peut avoir le double d'un
autre. Il n'existe pas de normes et avant l'ouverture
des postes, chaque faculté envoie une fiche de vœux aux
chefs de service qui décident d'ouvrir ou non des postes.
Lors des 2 derniers concours un service ayant déjà 4 maîtres-assistants
a ouvert 3 autres qui ont été pourvus puis de nouveaux
2 postes. Dans le même hôpital, un service fonctionnant
avec un seul maître-assistant faisant office de chef de
service n'a pas pu obtenir l'ouverture d'un poste de maître-assistant.
- Le grade de docent (professeur agrégé) :
- Il suffisait initialement d'être titulaire du diplôme
de DESM c'est à dire d'avoir soutenu sa thèse et de passer
une épreuve de titres et travaux.
- En principe à partir de l'année 1986, les titulaires
du DESM devaient en plus passer par un concours dont les
modalités comportait outre l'épreuve de titres et travaux,
une épreuve dite pratique et une épreuve théorique consistant
en une leçon pédagogique. Entre 1986 et 1989 les différentes
promotions ont réussi à ne pas faire appliquer le concours
et ce n'est donc qu'à partir de 1989 que ce concours a
été mis en place. De ce fait le titulaire du DESM restait
maître-assistant jusqu'au passage du concours ce qui peut
prendre plusieurs années.
- Comme pour le poste de maître-assistant, l'ouverture
des postes est laissé à l'initiative des chefs de service.
Ceci est une bonne et une mauvaise chose. Le candidat
à l'agrégation formé dans une équipe souhaite y rester.
De même son chef de service souhaite le garder pour maintenir
une équipe homogène. Cependant les nouvelles facultés
à l'intérieur du pays se doivent d'avoir des enseignants
de rang magistral.
- Concernant les propositions de la commission, celle-ci propose
à titre transitoire, pour 2 ans, (pourquoi 2 ans ?) de rendre
la thèse de DESM optionnelle et non
comme pré-requis. Si effectivement la progression du maître-assistant
vers le grade de docent ou professeur agrégé peut se passer de
la soutenance d'une thèse, un hospitalo-universitaire de rang
magistral devrait réaliser et rédiger un travail personnel, sur
un matériel algérien qu'il laisserait à la faculté de médecine.
Ici se discute également la disparition de la thèse de médecine
générale remplacé par quatre rapports de stages qui finissent
dans la poubelle et qui ne sont dans la très grande majorité des
cas d'aucun intérêt ni pour le candidat, ni pour le service où
ce rapport a été réalisé ni pour la faculté qui n'en grade aucun
exemplaire. Ne devrait-on pas revenir
à un seul rapport (équivalent de la thèse) que chaque interne
devrait réaliser au cours de son année d'internat dans un des
4 services où il passe ?
- La notion d'un parrain qui
suivrait le candidat à la thèse de DESM, n'est en fait que
le retour en arrière puisque auparavant existait également
en plus du directeur de thèse, un rapporteur qui était censé
suivre l'état d'avancement du travail. En réalité, ce rapporteur
est en porte à faux par rapport au directeur de thèse et il
ne peut aplanir les difficultés rencontrées puisque très souvent
même l'administration de la faculté n'arrive pas à les aplanir
n'ayant aucun moyens financiers à mettre à la disposition
du candidat pour mener à terme son travail.
- Le concours d'accès au DESM, tel que proposé par la commission,
nous semble un examen de trop. Les épreuves et les modalités,
telles que proposées par la commission, ne sont qu'un "bis-repetita"
de la même épreuve que passeront les candidats lors du concours
d'agrégation. Qu'elle en est l'utilité vu que l'épreuve de
titres et travaux existe aussi lors de l'agrégation ? Le candidat
présentant les mêmes documents pour les deux examens.
- L'épreuve de titres et travaux
devrait être présentée par le candidat lui-même au
jury qui pourra questionner le candidat sur ces travaux.
- Pour ceux qui souhaitent passer par la thèse, la notation
dans l'épreuve de titres et travaux doit être conséquente.
Si la proposition de 15 points est adoptée, elle ne doit pas
être diminué à 5 points au bout de 2 ans.
- Concernant la proposition de création du poste de praticien
hospitalier, pour les maîtres-assistants qui ne souhaitent
pas accéder au grade de docent, cette proposition ne fera
que fonctionnariser les maîtres-assistants. En effet pour
pouvoir donner la chance aux titulaires de DEMS d'accéder
au grade de maîtres-assistants et aux maîtres-assistants d'accéder
au grade de docent, il ne faudrait pas encombrer les services
hospitalo-universitaires ni par les spécialistes de santé
publique ni par un nouveau corps à créer. Les maîtres-assistants
qui ne souhaitent pas progresser se doivent de libérer les
postes, soit en rejoignant le corps des spécialistes, soit
en s'orientant vers le secteur privé.
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