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Editorial du professeur Larbi Abid - Juillet 2004
La Médecine Arabe dans l'Espagne Musulmane
Docteur F. BOUAMARANE
Médecin universitaire spécialiste en médecine interne (Alger, 1980)
Docteur es sciences historiques et philologiques (Paris, 1997)

Une des évidences de la pensée aujourd'hui est que les fondements de la civilisation actuelle reposent sur ce que l'intelligence des générations antérieures a réalisé et qui, par un effet cumulatif, a produit le progrès. Il est apparu que l'évaluation des divers aspects de la civilisation moderne, de son degré d'avancement et de son caractère judicieux implique nécessairement l'exploration des bases sur lesquelles elle s'est construite. L'étude du processus de développement des sciences, notamment dans le domaine médical, révèle clairement que les plus simples des règles scientifiques qui paraissent évidentes aujourd'hui, sont passées par de multitudes étapes à travers l'histoire et que leur mise au point et leur amélioration sont le fruit des apports cumulés de civilisations passées. En découvrant celles-ci, on observe une remarquable continuité dans les découvertes et les inventions, depuis les toutes premières civilisations dans la Mésopotamie et la vallée du Nil, une civilisation débutant là ou celle qui l'a précédée s'est achevée.

La médecine moderne comme toutes les sciences profanes, est ainsi l'aboutissement d'un long processus d'observations et de découvertes, de maturation des idées et d'expérimentations, de questionnements et de certitudes. Chaque époque a vu certains peuples contribuer à l'accumulation du savoir et à l'invention de nouveaux moyens d'intervention sur la nature, élargissant ainsi le champ des connaissances. Dans le domaine médical, le patrimoine de l'humanité tel que nous le connaissons aujourd'hui s'est constitué au fil du temps grâce à l'apport des civilisations successives qui se son mutuellement enrichies. Les savants et médecins arabes ont apporté une contribution dont le témoigne la somme considérable d'ouvrages médicaux qu'ils ont légués mais dont malheureusement, un grand nombre est perdu. Très peu de ceux qui nous sont parvenus sont connus aujourd'hui du corps médical ou du public cultivé. Grâce aux prestigieux médecins auxquels elle a donné naissance, l'Andalousie arabo-musulmane a rayonné sur le monde durant des siècles.

La médecine arabe a commencé à se développer à partir du 8ème siècle après J.C. dans la partie orientale du monde arabo-musulman recouvrant l'Iraq, la Syrie, la Palestine, l'Égypte. L'essor de la médecine arabe a été plus précoce et plus important dans la partie orientale du monde arabo-musulman que dans sa partie occidentale. Ceci tient probablement à l'importance de l'héritage légué par la Mésopotamie, l'Egypte, l'Inde et la Grèce, héritage dont les Arabes allaient se saisire pour le traduire, l'assimiler puis l'enrichir de leur apport propre, avant de le transmettre à leur tour. Sous le règne des Abbassides, à Baghdad, allait en effet se développer un formidable mouvement de traduction en arabe d'œuvres médicales étrangères, notamment grecques, ce qui devait mettre à la disposition des savants et médecins arabes un précieux héritage qu'ils se chargèrent de féconder.

Le Maghreb et l'Espagne musulmane participèrent, mais avec un certain décalage chronologique, à cette avancée de la médecine arabe : à partir du 10ème siècle après J.C., Ibn Al-Jazzâr à Kairouan, Al Zahraoui et Ibn Rushd à Cordoue, Ibn Zuheir à Séville vont apporter à la médecine dans le monde arabo-musulman la contribution de son aile occidentale.

Transmis par le professeur Larbi Abid - le 5 juillet 2004


 
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