Santé Algérie Algérie

Sommaire
Page d'accueil
Présentation du site
La bibliothèque de Santé Maghreb
Les éditos du professeur Abid
Communications scientifiques
Histoire de l'Algérie médicale
Agenda scientifique algérien
Point de vue
Associations algériennes de la santé
Annuaire de la santé en Afrique
Forum de la santé en Afrique
Qui contacter ?

Editorial - Juin 2010
L’accouchement médicalisé
par Larbi Abid

Chaque année à l’approche de l’été, les établissements hospitaliers reçoivent une circulaire du ministère de la santé et/ou des directions de la santé de wilaya leurs enjoignant d’une part de prendre toute parturiente qui se présente et d’autre part de ne pas mettre plus d’une parturiente par lit (ce qui arrive assez souvent devant l’afflux de femmes à certaines périodes).
Pour arriver à concilier ces 2 directives qui semblent, il est suggéré aux services de gynéco-obstétrique de sursoir à l’activité de gynécologie, de reporter voire annuler les congés annuels et enfin impliquer les autres spécialités (en particulier chirurgicales ?) pour l’hospitalisation des parturientes lorsque les services d’obstétrique sont au complet.

C’est ainsi que l’on se retrouve parfois, en arrivant le matin dans le service, avec des post-accouchées et leurs bébés dans des services de chirurgie où elles peuvent côtoyer des patientes ayant des pathologies lourdes parfois même contagieuses (hépatite virale, par exemple). Ces post-accouchées sont bien sûr, hospitalisées en obstétrique même si elles sont hébergées dans service de chirurgie. La question qui se pose concerne la couverture médicale et paramédicale : peut-elle réellement être assurée par le personnel du service de chirurgie qui n’a aucune information sur ces femmes ?

Certes la réduction maternelle et infantile sont des objectifs du millénaire pour le développement qui continuent de constituer un problème majeur de santé publique car malgré les efforts consentis ces taux restent anormalement élevés. On a observé en 2004 99,5 décès pour 100.000 naissances vivantes et 92,6 pour 100.000 naissances vivantes en 2006, alors que 95,3% des accouchements se déroulent en milieu assisté. Les décès maternels constituent à eux seuls 10% de l’ensemble des décès des femmes âgées de 15 à 49 ans.

Pour ce qui est de la mortalité infantile, elle est aux alentours de 28 /1000 naissances en 2010 (équivalente à celle de l’Egypte mais plus élevée que celle de la Lybie ou de la Tunisie respectivement de 21 et 22 et nettement plus élevé que celle des pays d’Europe occidentale : France 3.3/1000).

Certes d’importants progrès restent à faire mais est-ce la solution de perturber l’activité des autres services hospitaliers pour pouvoir accepter toutes les parturientes à l’hôpital quel que soit la qualité de la prise en charge ? Une autre ‘’solution’’ prise à la va vite a été de former des médecins généralistes à la pratique de la césarienne afin de ne pas évacuer les parturientes d’hôpitaux dépourvus de gynécologues vers les hôpitaux des grandes villes : au final, et à juste titre ces médecins « formés » n’ont jamais pratiqué de césarienne. Car non seulement ils ne sont pas couvert sur le plan médico-légal (il s’agit d’un acte chirurgical qui ne peut être réalisé que par un gynécologue-obstétricien ou chirurgien) mais l’indication elle, peut être plus importante que l’acte lui-même d’une part et que l’opérateur qui réalise cet acte doit être en mesure de faire face à toute complication chirurgicale per ou postopératoire, ce qui n’est pas le cas de ces médecins généralistes.

Comme on a institué le service civil aux seuls médecins (tous les autres diplômés de l’université sont exempts d’un tel service), ne devrait on pas instituer un service minimum aux gynécologues obstétriciens pratiquant en milieu libéral et aux cliniques privés de gynéco-obstétriques non seulement de ne pas fermer durant l’été mais également d’assurer une permanence réelle ce qui n’est pas le cas à partir de 18 heures en particulier durant la saison estivale ?

En effet il faut savoir que les facultés de médecine algérienne ont formés autant de gynécologues-obstétriciens que de chirurgiens généralistes et pourtant on demande aux chirurgiens généralistes de réaliser les césariennes dans les hôpitaux dépourvus de gynécologues ? Ou sont passés ces derniers ? Dans la majorité, ils ou elles sont dans le secteur libéral : ce secteur doit jouer pleinement son rôle dans le domaine de la santé publique et en particulier dans la protection maternelle et infantile.

Par Larbi Abid le 14 juin 2010

Valid HTML 4.01! Valid CSS!

NG COM Santé Tropicale
Copyright © 2010 NG COM Santé tropicale. Tous droits réservés.