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Dans sa thèse de DESM soutenue en octobre 2004 et consacrée
à l’étude des cas témoins sur le papillomavirus et ses cofacteurs
de risque dans la genèse du cancer du col de l’utérus, le docteur
HAMMOUDA responsable du registre du cancer d’Alger a bien montré
que l’HPV apparaît comme la cause principale du cancer du col et
que le typage virologique montrait la présence de l’HPV 16 chez
60,5% des cas et de l’HPV 18 dans 12 % des cas.
Les papillomavirus humains HPV16 et HPV18, sexuellement
transmissibles, seraient ensemble à l'origine de 70% des cancers
du col de l'utérus qui, selon l'Organisation mondiale de la santé,
provoquent environ 290.000 décès par an dans le monde. Plus de 500.000
nouveaux cas de ce cancer sont enregistrés chaque année, dont 80%
dans les pays en développement, selon l'OMS.Les différents registres
du cancer ont également montré qu’en Algérie ce cancer apparaît
dès l’âge de 35 ans tout en sachant que l’infection à HPV survient
10 à 20 ans auparavant c’est-à-dire dès l’âge de 15 ans.
Certes les programmes de dépistage de ce cancer
par frottis cervico-vaginal ont bien montré une forte diminution
de l’incidence lorsque le programme est bien conduit . Malheureusement,
dans la pratique les résultats de ce dépistage varient énormément
d’un pays à un autre et dans un même pays d’une région à une autre
en rapport en particulier avec l’insuffisance sanitaire en milieu
rural.
Une étude de suivi à long terme jusqu’à 5 ans
après vaccination Anti-HPV a montré 100% d’efficacité même chez
les femmes déjà exposées au papillomavirus. Présentés à Paris, à
la Conférence EUROGIN (European Research Organisation on Genital
Infection and Neoplasia), ces résultats proviennent d’une nouvelle
analyse d’un essai clinique de phase II.
Si l’on sait que ce cancer du col n’est pas décrit
chez les femmes vierges, que 70% des personnes sexuellement actives
pourraient être exposées à ces virus au cours de leur vie, que les
infections génitales à papillomavirus sont très fréquentes et qu’il
est très difficile d’en limiter la transmission, la seule prévention
envisageable est la vaccination contre le HPV. Cette vaccination
devant être réalisée avant la période d’activité génitale c’est
à dire chez l’adolescente vers l’âge de 11-12 ans.
L’introduction il y a quelques années de la vaccination
contre l’hépatite virale dans le calendrier vaccinal obligatoire
algérien est une très grande avancée dont les résultats positifs
vont être appréciés dans les prochaines décennies. L’adjonction
de la vaccination anti-HPV devrait nécessairement suivre dans les
plus brefs délais. Cette vaccination permettra l’éradication du
cancer du col qui est lié au virus HPV dans plus de 95 % des cas.
L’Algérie ne doit pas attendre que ce vaccin obtienne
l’accord de la FDE américaine ; il s’agit d’un cancer qui touche
la femme des pays en voie de développement et il représente le 2ème
cancer de la femme en Algérie.
par Larbi Abid le 17 mai 2006 |