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Editorial du professeur Larbi Abid - Mai 2004
La médecine d'urgence
Professeur A. AIT SLIMANE
CHU Bab El Oued - Alger

Professeur AIT SLIMANEPendant longtemps, les différentes spécialités médicales ont entretenu la confusion dans le domaine de l'activité médicale d'urgence, arguant du fait que les patients non programmés peuvent trouver tout naturellement une solution à leurs problèmes de santé dans le cadre d'une spécialité médicale ou chirurgicale au sein d'une structure de santé. Partant de cette idée, les premiers centres d'urgence intra-hospitalière ont fonctionné comme des unités d'accueil et d'orientation des malades à travers une gestion à distance par un service de médecine ou de chirurgie.

Cette conception a été rapidement remise en question par la confrontation sur le terrain à une nature de problèmes qui n'avaient pas été auparavant appréhendés avec en particulier une activité en mode obligatoirement continu et permanent, des patients nombreux et ayant des problèmes différenciés impliquant la notion de triage, la prise en charge de malades arrivant en détresse et en fin de compte une activité diagnostique et thérapeutique intense. Il apparaît dès lors que l'accueil de l'urgence passe nécessairement par la mise en place de véritables structures pourvues de moyens médico-techniques et humains adéquats et dont l'organisation et le fonctionnement sont adaptés pour répondre 24 heures sur 24 à des événements non programmés. Cette approche conceptuelle est clairement établie par R. ASKENASI et P. F. UNGER qui soulignent que : "La médecine d'urgence est sans doute la seule spécialité définie par le lieu où elle se pratique. Ses fonctions particulières, les pressions qu'on y subit, l'imprévisible, l'imprévu et le chaos imminent qui y règnent façonnent la pratique de ceux qui y consacrent leur temps mais définit également le contenu de la spécialité. Le service des urgences est un creuset où se fondent une multitude de problèmes. Beaucoup ne peuvent être résolus parfaitement. Tous peuvent être abordés de façon optimale. Y travailler efficacement, c'est utiliser au maximum la panoplie de ressources médicales, sociales, psychologiques et administratives qui sont à la disposition de ceux qui les connaissent. Le spécialiste traditionnel ne voit l'urgence qu'en termes de fonctions vitales menacées ou de membres détachés du corps. Le véritable "urgentiste" sait que presque tous les patients qui arrivent au service ont un besoin qu'il s'agit d'identifier et si possible résoudre". C'est cela le monde de l'urgence, monde dans lequel on ne connaît jamais la limite du nombre de patients à traiter et parmi lesquels il faut reconnaître les vrais problèmes du moment et adopter les attitudes appropriées.

Tout le monde s'accorde pour dire que les urgences médico-chirurgicales sont encore accueillies par un personnel sous-médicalisé dans des locaux inadaptés et sous-équipés. C'est en fait tout ce qui a trait à l'urgence qui est fondamentalement à remettre en question. Bien que peu rentables économiquement, les services d'urgences n'en demeurent pas moins la vitrine de l'institution hospitalière. En cette période de raréfaction des ressources, les urgences doivent, malgré tout, constituer pour nous l'une des premières préoccupations, au même titre que la médecine préventive.

La maîtrise de la prise en charge de problèmes variés et complexes survenant à tous moments dans un service d'urgence implique une spécialisation ou au moins une compétence qui ne peut être obtenue que par une formation spécifique qui doit concerner toutes les catégories de personnel. Les formules sont multiples et dépendent du contexte universitaire national. La création du certificat d'étude spéciales en médecine d'urgence est un signe très encourageant.

Aujourd'hui, le service des urgences, pour être une réalité affirmée, doit représenter le lieu où se conjuguent humanisme et technicité et le terrain électif de médecine pratique donc d'enseignement. Sous réserve que s'opère l'évolution nécessaire des mentalités imposée par les mutations en cours comme par les impératifs économiques, il représente une structure hospitalière d'avenir. Encore faut-il le doter des potentiels, en particulier humains, indispensables à une action de qualité.

Ce texte est transmis par le professeur Abid, le 30 avril 2004


 
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