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Editorial du professeur Larbi Abid - Mai 2003

La santé scolaire en question
L. ABID d'après le rapport de la Direction des Actions Sanitaires Spécifiques du Ministère de la Santé

En Algérie, la santé scolaire est prise en charge par des unités de dépistage et de suivi (UDS) au nombre de 1121 implantées soit dans les établissements scolaires (828) soit dans des structures de santé (277) soit, plus rarement, dans des locaux dégagés par les collectivités locales (16).

Au niveau de ces UDS exercent :

  • 1871 médecins (dont 1095 exerçant à temps plein)
  • 1130 chirurgiens dentistes (dont 611 exerçant à temps plein)
  • 201 psychologues (dont 148 exerçant à temps plein)
  • 2063 agents paramédicaux (dont 1277 exerçant à temps plein)

Sur les 7 820 164 enfants scolarisés dans les 20 159 établissements scolaires des 48 wilayas du pays (données de l'année 2000-2001), 2 721721 (35 %) relèvent de la population cible (1ère, 6ème et 7ème année fondamentale ainsi que la 1ère année secondaire).
Les activités de ces UDS sont :

  • le dépistage de toute affection
  • le suivi et la prise en charge des affections dépistées
  • le contrôle de l'hygiène et de la salubrité des établissements scolaires
  • l'éducation sanitaire
  • la vaccination pour les enfants de 1ère, 6ème année fondamentale ainsi que le rappel des vaccinations pour les enfants de 1ère année secondaire (10ème année d'enseignement).

La couverture par les visites médicales est estimée globalement à 92 % depuis déjà quelques années. Cependant il faut signaler que le taux est relativement plus faible pour certaines wilayas tel celles de Tamanrasset, Laghouat, AinDefla, Bejaia et Skikda.
Parmi les affections prévalantes relevées il faut noter :

  • La carie dentaire : 43.61 %
  • La baisse de l'acuité visuelle : 3.47 %
  • L'énurésie : 1.74%
  • La pédiculose : 1.73%
  • Souffle cardiaque : 1.30%
  • La gale : 0.98%

Il y a lieu de noter également que sur près de 400 000 enfants orientés pour une prise en charge spécialisée, seul 40 % sont été effectivement pris en charge.
Les affections ayant motivé une prise en charge spécialisée sont :

  • La tuberculose pulmonaire : 86.60 %
  • Le diabète : 81.20 %
  • L'épilepsie : 73.19%
  • L'asthme : 68.93%
  • Le trachome : 66.22%

Concernant le contrôle de l'hygiène et de la salubrité des établissements scolaires qui a pu être réalisé dans 84 % des établissements, seuls 32,5 % des anomalies constatées ont pu être corrigées. Le contrôle de la vaccination pour les enfants de 1ère, 6ème année fondamentale permet d'évaluer la couverture vaccinale dans le pays. Celle-ci est en moyenne de 80 %.
Le taux est nettement plus bas (50 à 60 %) dans certaines wilayas telles que Ouargla, Sétif, Ain Defla et même Constantine (capitale de l'est du pays).

Commentaires
Le taux relativement important de carie dentaire de même que la gale et les pédiculoses traduisent le niveau de développement de notre pays et les étapes qui reste à franchir en matière de promotion de la santé en Algérie.
Pour ce qui est de la prise en charge des caries, outre les programmes d'éducation sanitaire bucco-dentaire où est interpellé non seulement le ministère de la santé mais également celui de l'éducation nationale, la prise en charge est nettement insuffisante car le chirurgien dentiste ou le médecin de l'UDS ne fait que remettre une ordonnance destinée aux parents de l'enfant où est mentionné la nécessité d'un consultation spécialisée.
Il en est de même des autres affections en particulier des affections chroniques pour lesquelles le médecin de l'UDS remet un talon mentionnant la nécessité d'une consultation spécialisée.

Si dans les grandes villes du nord, la couverture sanitaire en médecins spécialisés et la situation matérielle des populations permettent une prise en charge réelle de l'enfant éventuellement malade, pour la majorité des cas le dépistage se résume à un simple constat (intéressant sur le plan épidémiologique) mais posant un problème à la tutelle qui met de gros moyens pour dépister des affections sans prévoir les moyens de prise en charge diagnostic et thérapeutique.

L'hygiène et la salubrité des établissements scolaires implique que nos écoles puissent disposer de l'eau, de l'évacuation des eaux usées et éventuellement du chauffage (pour certaines régions du pays).
Tant que la tutelle n'améliorera pas ces différents points, les USD permettront certainement d'offrir des postes de travail aux membres du corps médical et paramédical, donneront un profil épidémiologique de la santé de nos enfants (bien que biaisé puisque dirigé vers 1/3 des enfants) mais n'amélioreront pas l'état de santé de nos enfants.

Professeur Larbi ABID le 03 mai 2003
abid@santemaghreb.com


 
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