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Chez un patient nécessitant
la réalisation d’une stomie temporaire ou définitive
(colo, iléo ou urétérostomie), la poche de
stomie peut être bien acceptée ou au contraire devenir
un véritable calvaire à supporter de jour en jour.
Si l’on se réfère aux quotidiens nationaux,
il ne se passe pas un mois sans qu’on ne lise un appel de
détresse émanant de groupe de citoyens qui se plaignent
de l’absence, du coût excessif ou de la mauvaise qualité
des poches de stomie présentes sur le marché algérien,
poches qui se détachent toutes seules obligeant le patient
soit à ne plus quitter son domicile soit à se changer
plusieurs fois par jour.
"Une bonne stomie est
celle qui sera bien appareillée" (Adloff, 1982).
Ceci souligne la responsabilité du chirurgien dans la réadaptation
du stomisé à une vie normale. La confection d’une
stomie à la fin d’une intervention longue et souvent
délicate ne doit pas être négligée et
laissée à l’aide si l’on n’est pas
certain qu’il est en mesure de la réaliser dans les
règles de l’art. Cette stomie requiert un soin de confection
tout particulier. Son repérage est un temps essentiel avant
l’acte opératoire. Une stomie bien localisée,
bien faite, est toujours appareillable ; Par contre tous les
efforts sont vains si une mauvaise situation ou des complications
locales empêchent l’étanchéité
de la poche.
En réalité même lorsque la stomie est techniquement
bien faite, les problèmes de prise en charge du stomisé
débutent dès le premier jour post-opératoire :
L’appareillage n’est pas toujours disponible ; il est
variable d’un service à l’autre et dans un même
service d’une période à l’autre. Généralement
il s’agit de donation de bénévoles et on doit
s’adapter à ce qui existe dans nos hôpitaux ou,
lorsque les patients ont les moyens, dans les officines privés
tant en ce qui concerne le diamètre de la poche que le système
mono ou bi-bloc. Les fabricants de poche ne sont pas du tout présents
dans les services pour initier le personnel paramédical à
leur produit et il n’existe pas de paramédical spécialisé
(stomathérapeute). Les stomisés sont livrés
à eux-mêmes lorsqu’ils quittent le service où
ils viennent d’être opérés. L’incontinence
les contraint au port permanent d’une poche de recueil. L’irrigation
colique, qui apporte un confort et une sécurité aux
stomisés est ignorée tant par les stomisés
que par les chirurgiens. Les "kit" ne sont d’ailleurs
pas disponibles dans les pharmacies.
La création d’une stomie digestive ou urinaire entraînant
la perte du contrôle volontaire de l’exonération
des matières ou des urines peut exclure un patient de la
vie communautaire et sociale. Il est de notre devoir d’interpeller
la tutelle pour :
- initier une formation de nos paramédicaux en stomathérapie
- mettre à la disposition des hôpitaux et des officines
un appareillage d’une étanchéité parfaite
aux matières, aux odeurs, facile à placer, non allergisant,
peu onéreux et confortable.
- Aider à la création d’association de stomisés.
Professeur Larbi Abid - 9 avril 2005 |