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Editorial du professeur Larbi Abid - Avril 2005
Stomie et stomisés
Professeur Larbi Abid

Chez un patient nécessitant la réalisation d’une stomie temporaire ou définitive (colo, iléo ou urétérostomie), la poche de stomie peut être bien acceptée ou au contraire devenir un véritable calvaire à supporter de jour en jour.
Si l’on se réfère aux quotidiens nationaux, il ne se passe pas un mois sans qu’on ne lise un appel de détresse émanant de groupe de citoyens qui se plaignent de l’absence, du coût excessif ou de la mauvaise qualité des poches de stomie présentes sur le marché algérien, poches qui se détachent toutes seules obligeant le patient soit à ne plus quitter son domicile soit à se changer plusieurs fois par jour.

"Une bonne stomie est celle qui sera bien appareillée" (Adloff, 1982).
Ceci souligne la responsabilité du chirurgien dans la réadaptation du stomisé à une vie normale. La confection d’une stomie à la fin d’une intervention longue et souvent délicate ne doit pas être négligée et laissée à l’aide si l’on n’est pas certain qu’il est en mesure de la réaliser dans les règles de l’art. Cette stomie requiert un soin de confection tout particulier. Son repérage est un temps essentiel avant l’acte opératoire. Une stomie bien localisée, bien faite, est toujours appareillable ; Par contre tous les efforts sont vains si une mauvaise situation ou des complications locales empêchent l’étanchéité de la poche.

En réalité même lorsque la stomie est techniquement bien faite, les problèmes de prise en charge du stomisé débutent dès le premier jour post-opératoire : L’appareillage n’est pas toujours disponible ; il est variable d’un service à l’autre et dans un même service d’une période à l’autre. Généralement il s’agit de donation de bénévoles et on doit s’adapter à ce qui existe dans nos hôpitaux ou, lorsque les patients ont les moyens, dans les officines privés tant en ce qui concerne le diamètre de la poche que le système mono ou bi-bloc. Les fabricants de poche ne sont pas du tout présents dans les services pour initier le personnel paramédical à leur produit et il n’existe pas de paramédical spécialisé (stomathérapeute). Les stomisés sont livrés à eux-mêmes lorsqu’ils quittent le service où ils viennent d’être opérés. L’incontinence les contraint au port permanent d’une poche de recueil. L’irrigation colique, qui apporte un confort et une sécurité aux stomisés est ignorée tant par les stomisés que par les chirurgiens. Les "kit" ne sont d’ailleurs pas disponibles dans les pharmacies.

La création d’une stomie digestive ou urinaire entraînant la perte du contrôle volontaire de l’exonération des matières ou des urines peut exclure un patient de la vie communautaire et sociale. Il est de notre devoir d’interpeller la tutelle pour :

  • initier une formation de nos paramédicaux en stomathérapie
  • mettre à la disposition des hôpitaux et des officines un appareillage d’une étanchéité parfaite aux matières, aux odeurs, facile à placer, non allergisant, peu onéreux et confortable.
  • Aider à la création d’association de stomisés.

Professeur Larbi Abid - 9 avril 2005

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