Santé Algérie Algérie

Sommaire
Page d'accueil
Présentation du site
La bibliothèque de Santé Maghreb
Les éditos du professeur Abid
Communications scientifiques
Histoire de l'Algérie médicale
Agenda scientifique algérien
Point de vue
Associations algériennes de la santé
Annuaire de la santé en Afrique
Forum de la santé en Afrique
Qui contacter ?

Editorial - Mars 2007
Pour une dé bureaucratisation de la gestion des hôpitaux
et une professionnalisation des métiers de l’hôpital 

par Larbi Abid




Très souvent devant les anomalies fréquentes qui entravent le bon fonctionnement de nos hôpitaux et empêchent la population de recevoir les soins auxquels elle aspire, les demandeurs de soins et leurs parents se demandent pourquoi les autorités ne mettent pas des professionnels à la direction des hôpitaux (par professionnels, la population sous-entend des membres du corps médical).

Nous savons très bien que le mal qui ronge nos hôpitaux est lié en grande partie à une gestion défaillante, bureaucratique, loin de la réalité du terrain qu’elle soit menée par un médecin ou par toute autre personne n’ayant aucune qualification en matière de gestion. Dans les nombreux corps de métiers représentés à l’hôpital, les seuls qui soient bien individualisés sont les spécialités médicales. Pour le corps paramédical, le personnel technique et même le personnel de gestion, on considère qu’il peut y avoir permutation, formation sur le tas etc.

C’est ainsi qu’au jour d’aujourd’hui, le seul poste de recrutement au niveau des hôpitaux semble être celui d’agent de sécurité qui ne demande pratiquement aucune qualification. C’est d’ailleurs en cette qualité que sont recrutées des personnes même si elles ont les qualifications nécessaires. A titre d’exemple, pour occuper un poste de secrétaire médicale, une jeune femme a été recrutée en qualité d’agent de sécurité. Après plusieurs années d’exercice son statut n’a pas changé et lors des recyclages du personnel de sécurité auprès des sapeurs pompiers, cette personne est obligée de quitter son poste de secrétaire médicale pour suivre la formation prévue pour le corps des agents de sécurité. Le métier de secrétaire médicale a pratiquement disparu de nos hôpitaux et ce n’est ni les gestionnaires des hôpitaux ni la tutelle qui s’en préoccupent alors que l’on veut mettre en place une gestion basée sur la réalité des coûts et non plus une gestion forfaitaire comme c’est le cas depuis l’instauration de la médecine gratuite.

Une autre personne, d’un certain âge, recrutée en qualité de femme de ménage, sans qualification paramédicale mais ayant un bon niveau d’instruction générale occupe un poste de puéricultrice.
Une autre forme de gestion des pénuries en personnel paramédical consiste à « déshabiller Pierre pour habiller Paul » et cela de manière strictement théorique : Lorsqu’un chef de service harcèle l’administration pour combler un ou des postes vacants en personnel paramédical, certains gestionnaires établissent des mutations d’office pour des infirmiers d’un service médical vers un autre sans aucune concertation ni avec les chefs de service concernés ni avec les agents concernés par ces changements. Il est évident que le chef de service qui perd son personnel s’oppose à ces décisions et l’on se retrouve à la case départ mais pour le gestionnaire hospitalier, le problème est résolu du moins sur le papier puisqu'officiellement ces infirmiers sont positionnés au niveau où le manque s’est fait sentir.

Plus grave encore, au niveau du bloc opératoire, est à l’exception du technicien anesthésiste, tous les autres postes paramédicaux sont occupés dans le meilleur des cas par des infirmiers techniciens généraux de la santé ou des adjoints de la santé, les spécialités IBODE, instrumentiste... n’existent pas et ne semblent pas être une préoccupation des décideurs. Ainsi, dans un bloc opératoire où une salle est fermée depuis plusieurs mois, par manque de techniciens anesthésistes, un membre de l’administration suggère de recruter des jeunes au chômage, à charge pour le corps médical de leurs donner les rudiments d’anesthésie ! Le lavage des instruments après chaque intervention chirurgicale peut être réalisé par des femmes de ménage analphabètes le plus souvent (n’ayant évidemment aucune notion de gestion des dispositifs médicaux stériles).

Les postes paramédicaux du bloc opératoire n’ayant aucune spécificité par rapport aux autres postes dans des services médicaux d’hospitalisation, et ne bénéficiant d’aucune valorisation, sont fuit et c’est à force de persuasion qu’un chef de service arrive à convaincre un agent paramédical à exercer au bloc ou pire encore à occuper le poste de chef de bloc.

La récente réunion à Constantine des représentants syndicaux de 17 wilayas du pays révèle l’ampleur du malaise dans lequel se trouve ce corps. Leurs revendications d’intégration dans les différentes filières au sein de la faculté de médecine en générale ne traduit en fait que leur désir d’une plus grande reconnaissance tant par le corps médical que par les gestionnaires des structures de santé qui les considèrent souvent comme interchangeables et remplaçables.

Le corps paramédical, cheville ouvrière de toute structure de santé, où l’on dénombre selon le secrétaire général du bureau national du syndicat algérien des paramédicaux « 19 000 agents à l’échelle nationale alors que les besoins seraient de 200 000 agents » doit obtenir une plus grande reconnaissance de la part de la tutelle et surtout être revalorisé selon les différentes spécialités et les différents postes occupés.


 

par Larbi Abid le 5 mars 2007

Valid HTML 4.01! Valid CSS!

NG COM Santé Tropicale
Copyright © 2007 NG COM Santé tropicale. Tous droits réservés.