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Editorial - Mars 2006
Ces chiffres qui donnent le tournis
par Larbi Abid

La lecture de la presse quotidienne, la participation aux manifestations scientifiques médicales qui se déroulent tout au long de l’année dans les différentes régions du pays permettent à tout un chacun d’avoir une idée sur les affections prévalentes dans le pays. Cependant, les chiffres avancés par les différents orateurs, selon le but recherché, peuvent être alarmistes ou au contraire permettre de lancer des Alléluia.
Nous reproduisons quelques uns de ces chiffres retrouvés dans la presse au cours de l’année 2005 :

Cancérologie :

  • Le cancer du larynx ne cesse de prendre de l’ampleur et constitue certainement l’une des plus grosses préoccupations de la santé publique en Algérie. La fréquence de la maladie est de 4 à 5%.
  • Cancer du col utérin : L’Algérie a enregistré 9,5 cas pour 100.000 habitants, atteints du cancer invasif en 2003
  • En 2000, une étude laissait apparaître une augmentation très perceptible des cas de cancer dans la wilaya de Annaba. Des épidémiologistes ont estimé l’incidence globale, toutes localisations confondues, à 20,1 pour 100 000 habitants pour le sexe masculin et à 16,5 pour 100 000 habitants pour le sexe féminin. Dans cette étude, il est précisé que les cancers prévalant sont le cancer broncho-pulmonaire (18,2%) pour les hommes et le cancer du sein (29,6%) pour les femmes.
  • Plus de 3.000 nouveaux cas de cancer pulmonaire sont diagnostiqués chaque année en Algérie.
  • Un milliard de dollars est déboursé annuellement dans l’achat des médicaments en oncologie".
  • Sur 100 nouveaux cas de cancer pulmonaire diagnostiqués, plus de 80 personnes décèdent dans les 5 années qui suivent le diagnostic".
  • 75 % des personnes atteintes par ce cancer se retrouvent dans l’obligation de suivre une chimiothérapie. Cette thérapie "coûte quelque 8.000 DA à 10.000 DA par séance et par malade.

Le diabète :

  • dans certaines régions de l’est du pays, les diabétiques représentent 8,8% de la population dans ces zones.
  • La maladie touche 8% de la population algérienne âgée de 30 ans et plus.
  • Le nombre de diabétiques algériens serait de 1 à 3 millions de personnes.
  • La Société algérienne du diabétologie estime approximativement, de son côté, le nombre de diabétiques à 1 et 1,5 million de personnes. Selon toujours la même source, 90% de cette population de diabétiques présentent le diabète de type II et 10% du type I.
  • 11% de la population adulte de la ville de Constantine sont affectés par le diabète contre 8% pour celle de la ville d’Alger.
  • Un chiffre de 12 % a été donné pour la vallée du Mzab
  • Dans la wilaya d’Oran le chiffre serait de 14 000 diabétiques.

Troubles érectiles :

  • 47% des hommes âgés entre 21 et 30 ans souffrent d’un dysfonctionnement érectile
  • Ces troubles sont retrouvés chez 9% des hommes âgés entre 20 et 29 ans.

Maladies cardio-vasculaires :

  • L’Algérie enregistre 16 000 décès par an suite aux accidents vasculaires cérébraux (AVC), selon les résultats de l’étude observationnelle « Action » relative à l’AVC.
  • L’hypertension artérielle, qui est considérée comme un des facteurs de risques de ces maladies, touche aujourd’hui près de 34% de la population algérienne, selon l’étude réalisée par la Société algérienne de l’hypertension artérielle (SAHA).
  • Les résultats de l’étude STEP réalisée par le ministère de la Santé, en collaboration avec l’OMS menée dans deux wilayas pilotes, Sétif et Mostaganem a montré que la prévalence de l’HTA dans ces deux zones est de 26%. Par ailleurs, la prévalence de l’hypercholestérolémie est de 3,8%.

La leishmaniose :

  • La leishmaniose qui constitue, selon le DSP de Blida, "un problème de santé publique majeur", la wilaya de Blida avec 17 cas enregistrés en 2005 contre 58 en 2004
  • Le coût de prise en charge de la maladie est de 6.000,00 DA par cas.
  • La leishmaniose viscérale est considérée comme la plus grave avec un taux de mortalité de presque 10 % en l’absence de traitement.
  • En dix jours, la leishmaniose a fait plus de dégâts à Messaâd, qu’en dix mois dans toute la wilaya de Djelfa. En effet, ce sont pas moins de 600 personnes qui se sont présentées au secteur sanitaire de Messaâd pour être prises en charge.
  • Au 31 octobre 2005, ce sont pas moins de 281 personnes qui ont été contaminées dans la wilaya de Djelfa. En douze jours, pour la seule ville de Messaâd, 225 cas restent à la charge des collectivités locales.

Le SIDA :

  • 34 nouveaux cas de sida et 147 séropositifs sont enregistrés en Algérie depuis le début de l’année 2005. Ce qui porte le nombre total des victimes à 676 cas de sida et 1 868 séropositifs depuis l’apparition de cette maladie en Algérie.
  • La directrice de la prévention du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière estime d’ailleurs le nombre réel des victimes à près de 800 cas de sida et 2 000 cas de séropositifs.
  • L’incidence moyenne est estimée à 0,07%.
  • Sur les 8 premiers mois de l’année 2005, ce sont 70 nouveaux cas qui se sont déclarés à Oran pour grossir les rangs des 500 sidéens déjà en mal de soins et de prise en charge effective et efficiente.

Les infection nosocomiales :

  • Au CHU de Blida, sur 1.568 patients sujets à enquête, de 2001 à 2005, 74 infections nosocomiales ont été identifiées, soit 5,4% des patients infectés.
  • S’agissant du taux d’infection, celui-ci est passé de 10% en 2001 à 2% en 2005.

Néphrologie et transplantation rénale :

  • Le projet de réalisation d’un institut national du rein vient d’être lancé,au Centre hospitalo-universitaire (CHU) Frantz Fanon de Blida.
  • Son but : la dispense de soins de haut niveau pour les malades du rein, la formation de spécialistes en chirurgie du rein, urologie et greffe rénale, la recherche en pathologie du rein et urologie, la prévention ainsi que la réflexion, l’orientation et la planification de la prise en charge des maladies du rein et d’urologie en Algérie.
  • Le coût global de ce projet qui comprend également plusieurs autres structures médicales, paramédicales, administratives et autres dépendances est de 801.708.000 DA.
  • Les premières commandes pour la fourniture du matériel et médicaments nécessaires pour le plateau technique de la greffe rénale commencent à arriver dans certains services du CHUO.
  • Il existe 8.000 insuffisants rénaux chroniques dialysés en Algérie et chaque année 3.000 nouveaux cas sont recensés à travers le pays. La transplantation rénale reste la seule issue pour guérir les insuffisants rénaux chroniques.
  • 300 patients sont traités sur un million d’habitants. Chiffre très faible.
  • 25% des nouveaux patients ne sont pas pris en charge et décèdent au stade final de la maladie.
  • La contamination par l’hépatite C varie entre 20 et 30% parmi les dialysés.
  • On doit réaliser 120 greffes rénales par an mais seulement 208 greffes rénales ont été effectuées depuis 1986 à ce jour.
  • Seulement 208 greffes rénales ont été effectuées dans notre pays depuis 1986 à ce jour.

Ophtalmologie :

  • Deux millions de personnes sont atteintes de strabisme en Algérie, dont 20 à 30 000 nouveaux cas enregistrés chaque année.
  • On estime à 1 500, par an, le nombre de patients nécessitant une greffe de cornée, cependant seulement une quinzaine d’opérations est réalisée, en raison de l’indisponibilité de greffons.

Certains de ces chiffres sont remis en cause par l’auteur même de l’article. C’est le cas par exemple des troubles érectiles chez l’homme où l’on passe d’un taux de 47 % à un taux de 9 % quelques lignes plus loin pour la même population.
D’autres chiffres ne veulent rien dire : c’est le cas du taux de 4 à 5 % donné pour la fréquence du cancer du larynx ; 4 à 5 % de quoi ?
Toujours en matière de cancer, bien qu’il existe plus de 10 registres du cancer en Algérie, l’estimation du nombre moyen de cancer par an est faite par extrapolation à partir du seul registre d’Alger. Pour Annaba qui est encore au stade de la validation du recueil des données, on parle déjà d’augmentation d’incidence. Ne s’agit-il pas tout simplement d’une amélioration du recueil de l’information ?
Certaines maladies chroniques constituent une préoccupation majeure pour la communauté médicale. C’est le cas de l’HTA, le diabète, l’insuffisance rénale chronique le SIDA etc. Ainsi lorsque c’est la communauté médicale qui s’exprime, on a l’impression qu’il y a péril en la demeure et si on rapporte les taux de l’ensemble des maladies à la population, on se demande si la population algérienne qui est pourtant une population jeune (comme la plupart des populations des pays en voie de développement) n’est pas atteinte dans sa globalité d’une affection ou d’une autre.

Par contre d’autres chiffres, en particulier lorsqu’il s’agit de gestionnaires de la santé permettent à ces derniers de se donner des satisfecit. C’est le cas par exemple de la chute plus qu’extraordinaire du taux d’infection nosocomiale au CHU de Blida alors que la majorité des structures hospitalières du pays souffrent de la non disponibilité en quantité suffisante des moyens de désinfection.
C’est le cas également de la multiplication des structures devant prendre en charge la transplantation rénale alors que le nombre de greffes rénales stagne à 208 depuis l’année 1986.

Ce bref tour d’horizon souligne bien qu’on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut.

Professeur Larbi Abid le 1er mars 2006

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