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Editorial du professeur Larbi Abid - Mars 2005
Pour une rationalisation des moyens dans nos hôpitaux
Mr. BOULAHBAL
Directeur de la Santé de la wilaya de Tlemcen - 8 mars 2005

Avec 73 dollars US par an et par habitant (rapport de l’OMS sur la santé dans le monde - année 2004), il est clair que le secteur de la santé en Algérie manque d’argent. Cette somme ne représente que le 1/30 de la dépense de santé, par an et par habitant, dans un pays comme la France. Il n’est donc pas étonnant de voir la majorité de nos hôpitaux endettés. Il faut savoir aussi que la part des salaires représente en moyenne 70% du budget de fonctionnement des établissements de santé en Algérie (un budget qui s’élève pour l’année 2004 à plus de 92 milliards de dinars). Il n’y a cependant pas une pléthore de personnel dans nos hôpitaux. On pourrait dire que c’est la part réservée aux autres chapitres (médicaments, alimentation, équipements, etc.) qui est faible. Mais vu le caractère incompressible des dépenses du personnel, c’est sur les 30% qui restent, une fois déduits les émoluments du personnel (soit l’équivalent de 270 millions de dollars) que doivent être impérativement appliquées des modalités de gestion rigoureuses et transparentes».

Il est nécessaire de rationaliser l’utilisation des ressources du secteur de la santé de façon à dégager des surplus financiers à mettre à la disposition des hôpitaux. Une économie de 1/3 de la facture d’importation algérienne du médicament (qui représente 700 millions de dollars US par an) ferait réaliser un gain annuel de 233 millions de dollars US, de quoi presque faire doubler le budget annuel hors salaires de tous les établissements de santé en Algérie. «Il faut revoir, dit-il, le fonctionnement de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) qui a été créée pour jouer le rôle d’une centrale d’achat et pouvoir mettre à la disposition des hôpitaux des médicaments à des prix, en principe, très bas, du fait que cette pharmacie centrale négocie de grandes quantités de médicaments avec les fournisseurs.
Le rôle d’un hôpital n’est pas non plus de construire ou de réparer, de faire de la restauration ou de la blanchisserie. Toutes ces activités annexes (génératrices de surcoûts énormes) qui sont venues se greffer sur la mission première de l’hôpital (qui est de soigner et de prévenir les maladies) doivent être confiées à des sous-traitants, comme c’est le cas dans la plupart des pays développés. Car il est plus rentable d’acheter ces biens et ces services annexes en tant que produits finis, tout en gardant, au sein de l’hôpital, une équipe réduite d’agents polyvalents pour les petites interventions de réparations multiples».

Dans leurs rapports sur les différents systèmes de santé dans le monde, des organisations internationales comme l’OMS et la Banque Mondiale parlent, à propos de l’Algérie, «d’absence de corrélation entre les résultats obtenus et les moyens engagés». Aussi, pour sortir du marasme actuel, il est impératif d’introduire dans le mode de gestion des hôpitaux, des notions propres au monde économique. L’évaluation des performances, le contrôle de gestion doivent être ainsi pris en charge par une structure à créer au niveau de chaque établissement hospitalier. Un service de chirurgie, par exemple, qui dispose de 6 chirurgiens et qui ne réalise que 2 interventions par jour, paye au moins 4 chirurgiens à ne rien faire. Dans ce cas, il ne faudrait pas hésiter à réduire le nombre de lits et à redéployer une partie du personnel.
La répartition des dotations budgétaires des hôpitaux doit être faite de manière rationnelle et le budget d’un hôpital déterminé sur la base de son volume d’activité et du coût moyen des prestations médicales qu’il assure, et non plus, comme cela se passe aujourd’hui, sur le nombre de lits dont il dispose. L’évolution du coût des prestations doit également être surveillée et les écarts, par rapport à la norme, analysés et, le cas échéant, sanctionnés.
Enfin, pourquoi serait-il inimaginable que la relation entre l’hôpital et son personnel ne devienne pas une relation contractuelle régie par un cahier des charges ? Le renouvellement du contrat de travail et le volume du salaire pourraient alors dépendre de la manière dont le travailleur remplirait ses obligations contractuelles, mais aussi ses devoirs moraux. Car, nous nous posons tous des questions quand, parfois, les repas des enfants hospitalisés sont dérobés par des agents de service, quand des malades démunis sont orientés vers des cliniques privées pour subir des opérations qui ne sont pas toujours indiquées, quand du matériel rénové est acheté au prix du neuf.
Si ce genre de comportement immoral est moins fréquent dans les pays développés, ce n’est pas forcément une question de degré de conscience. C’est parce qu’il existe, chez eux, des mécanismes de contrôle qui jouent un rôle dissuasif et contribuent également à lutter contre la corruption et réduire ainsi le volume des pertes financières induites par l’acquisition, au prix fort, de biens et de services de mauvaise qualité, ou par la réalisation de travaux non conformes aux normes,... etc.»

Mr. BOULAHBAL
Directeur de la Santé de la wilaya de Tlemcen - 8 mars 2005

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