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Autrefois, la préparation du médicament était l'apanage
du pharmacien qui opérait de façon artisanale. Par la suite, le
médicament est entré dans sa phase industrielle depuis les années
50. Cependant, les produits génériques ont toujours existé et étaient
connus au siècle dernier en France notamment, sous le nom de produit
sous cachet.
Dans les années 60, les premiers brevets de médicaments tombent
dans le domaine public et ce sont les premiers produits génériques
proprement dits qui apparaissent. Cette période est celle d'accidents
thérapeutiques qui ont entraîné à chaque fois des renforcements
des exigences réglementaires : c'est la série des Stalinon, Thalidomide,
DES, Diphénilhydantoine, Phénobarbital.
En ce qui concerne les produits génériques, ces accidents ont montré
l'importance de la bio équivalence. Ainsi progressivement, les produits
génériques devenaient des médicaments ayant les mêmes propriétés
thérapeutiques et remplissent les mêmes critères de qualité, innocuité,
efficacité, que les produits d'origine.
Dans les années 80, les gouvernements des pays développés ont commencé
la promotion du générique, phénomène rendu possible par les exigences
de qualité imposées au générique, en même temps que par l'augmentation
constante des coûts de la santé, ce qui ne permettait plus leur
financement par les augmentations d'impôts.
En 1989, le gouvernement allemand introduit la notion de prix de
référence. Dans le nord de l'Europe, les politiques d'achat groupés
permettaient aux organismes publics d'obtenir des produits de moindre
prix. En 1997/98, le gouvernement français entamait une série de
mesures destinées à favoriser le développement de la part de marché
des produits génériques. Plus récemment l'élargissement des produits
stars, à marché très large, a entraîné une importante compétition
qui a tiré les prix vers le bas et divisé les sociétés pharmaceutiques
en deux catégories : forte et faible. Les premières étant celles
capables de supporter la concurrence et de faire évoluer les produits
vers les génériques plus et les super génériques.
Les prévisions montrent une croissance soutenue du marché mondial
du médicament au cours des prochaines années.
| Année |
Montant |
Croissance |
| 1999 |
333,3 milliards $ |
10,7 % |
| 2002 |
406 milliards $ |
11 % |
| 2004 |
506 milliards $ |
8,1 % |
Le marché mondial des génériques était estimé à 40 milliards $
pour l'année 2000. Il a cru durant les années précédentes de 5 %
par an. Le marché américain est le plus important : 17 milliard
$ contre 12 milliard $ en 1992 et 5,5 milliard $ en 1984.
La part du générique varie beaucoup selon les pays (en valeurs)
:
- Europe du nord (Hollande, Danemark, Norvège, Allemagne) : 30
%
- Grande Bretagne : 20 %
- Brésil , Japon : 10 %
- France, Espagne, Italie : 5 %
- Tunisie : 18 %
- Algérie : 15 % à l'importation
- Maroc : 3 %
Ces progrès, constatés depuis l'adoption du droit de substitution
par les pharmacies en 1999, sont appréciables mais loin derrière
les espérances des pouvoirs publics et des caisses d'assurances
sociales.
En 2005, on pense que la marché européen du générique sera de 20
milliard $ (15 % en valeur de consommation). Les premiers produits
de la biotechnologie vont perdre leur brevet et seront donc généricables.
Un des point qui ont marqué le marché du médicament au cours de
la décennie écoulée est l'élargissement de la part du marché prise
par les produits stars, ceux qui font plus de un milliard $/an.
Il y a cinq ans, 23 produits comptaient pour 20 % dans le marché
total américain ; en 2001, 69 de ces produits vedettes comptaient
pour 50 %.
Aujourd'hui chacun d'eux peut représenter 30 à 40 % du total du
chiffre d'affaires des plus grandes sociétés présentes sur le marché,
lesquelles sociétés en sont donc fortement dépendantes. Le marché
qui s'offre à eux est évalué à 45 MD $ pour 2005. Ce sont les sociétés
américaines et indiennes qui vont le plus profiter de cette manne.
Les dépense de santé représentent près de 14 % du PNB aux USA. Il
est généralement admis que la combinaison du vieillissement de la
population, les progrès de la recherche biochimique, génomique et
proténomique facilitent les nouvelles découvertes.
Le défi représenté par la perte des brevets d'ici à 2005 sur la
plupart des produits leaders est tout à fait nouveau pour ces firmes
habituées à une croissance à deux chiffres.
R. GHEBBI le 27 février 2004
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