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Editorial - Février 2010
La sous médicalisation des régions des hauts plateaux et du Sud du pays
par Larbi Abid

 

Village Yaghzer et son dispensaire Village Yaghzer et son dispensaire Village Yaghzer et son dispensaire
Village Yaghzer et son dispensaire

De passage dans la wilaya d’Adrar, j’ai été agréablement surpris en visitant le village YAGHZER (baladia de Ouled Saïd, daïra de Timimoun) de rencontrer l’infirmier responsable du Centre de Santé ainsi que le médecin affecté à ce centre, présent et assurant normalement sa consultation. De même la visite des hôpitaux de Timimoun, Adrar et Reggane m’a permis de constater la motivation des équipes médicales, paramédicales et administratives et également la parfaite symbiose qui existe entre l’administration et le corps médical au niveau de ces hôpitaux.
Cependant et à mon grand regret, j’ai été informé de l’absence de chirurgien généraliste au niveau de l’hôpital de Reggane et ce depuis près de 3 ans alors qu’un chirurgien orthopédiste et deux réanimateurs sont en poste. Le jour de notre visite, l’équipe médicale de garde venait de réceptionner les victimes d’un accident de la circulation, très grave survenu quelques heures auparavant sur la route de Bordj Badji Mokhtar. Si certaines victimes sont décédés sur place, deux d’entre-elles sont arrivées en vie à l’hôpital, prises en charge convenablement par la réanimatrice de garde et le chirurgien orthopédiste mais sont malheureusement décédées dans les minutes (dans un cas) ou les heures qui ont suivis par hémorragie interne probable faute de chirurgien viscéraliste.

Cette situation interpelle le Ministère de la Santé (MSPRH), le Corps Médical et le Corps Médical Enseignant. Déjà en 2006, un éditorial intitulé ‘’Le déficit en médecins spécialistes dans le Sud et les Hauts’’ était consacré à ce sujet. Certes l’affectation des médecins spécialistes obéit aux dispositions du décret 99-176 du 2 août 1999, fixant les modalités d’accomplissement du service civil des praticiens médicaux. Chaque année, le MSPRH organise deux opérations de choix des postes pour l’affectation des praticiens spécialistes lauréats du diplôme d’études médicales spécialisées (DEMS). Mais les postes budgétaires ouverts et soumis aux choix sont généralement supérieurs au nombre de lauréats, ce qui peut faire qu’un poste puisse rester vacant (et ce qui doit être le cas de l’hôpital de Reggane). Pour les spécialités de base (nécessité oblige) ne devrait on pas :

  • Faire de telle sorte que tous les postes vacants soient pourvus en spécialistes en n’ouvrant pas dans les secteurs déjà pourvus, tout en sachant qu’en chirurgie générale par exemple effectuer un seul chirurgien dans un hôpital est extrêmement pénible ?
  • Laisser une certaine latitude aux directeurs de la santé des différentes wilayas afin qu’ils puissent déployer le personnel médical en fonction des besoins et des commodités locales (aussi bien hébergement que moyens de travail) ? Il est vrai que peut se poser le problème de la durée du service civil. Ainsi déplacer un chirurgien de l’hôpital de Timimoun (ils sont au nombre de 2) par exemple pour assurer la permanence à Reggane, se heurtera au fait que la durée du service civil à Reggane est de 1 an alors qu’elle est de 2 ans à Timimoun.

Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas l’appel à la coopération qui règlera ce problème. En effet, dans la profession médicale, la relation médecin-malade est primordiale (c’est ce qui permet à un grand nombre de médecins algériens de pouvoir s’implanter en France et dans d’autres pays francophones) et ne saurait passer par l’intermédiaire d’un traducteur dont on n’est jamais sûr d’ailleurs de la qualité de la traduction. Outre la durée du service civil plus courte dans les régions du Sud, une incitation financière (2 à 3 fois le salaire actuellement proposé) serait une solution qui pourrait combler le vide existant dans certains hôpitaux du Sud et des Hauts plateaux .L’appel à la coopération étrangère n’est certainement pas moins coûteuse.

L’autre problème qui nous interpelle est celui de la qualification des chirurgiens formés : devant les besoins immenses en matière de médecins spécialistes, les facultés de médecine algériennes sont censées former des chirurgiens à vocation urgentistes pouvant faire face aux principales urgences chirurgicales vitales et c’est la raison du tronc commun de 2 ans dans le cadre du cursus de résidanat de 5 ans.
Si pour le chirurgien viscéraliste dit de chirurgie générale, l’objectif est le plus souvent atteint : celui-ci peut faire face à une urgence vitale qu’elle soit abdominale, thoracique, urologique, vasculaire ou traumatologique, plus rarement à une urgence neuro-traumatologique, ceci n’est pas le cas des chirurgiens spécialistes en orthopédie, urologie etc.

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur, les Facultés de Médecine et surtout les Comités Pédagogiques de Chirurgie des différentes spécialités sont interpellés pour remédier à l’hyperspécialisation qui arrive trop tôt dans la carrière d’un chirurgien spécialiste non universitaire.

Par Larbi Abid le 24 février 2010

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