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Editorial du professeur Larbi Abid - Février 2003

Equivalence des diplômes de spécialités médico-chirurgicales obtenus à l'étranger

Le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique vient d'installer une commission ad_hoc qui sera chargée de l'équivalence des diplômes de médecins ayant fait une spécialité à l'étranger et souhaitant éventuellement exercer cette spécialité en Algérie. Cette énième commission aurait été installée (selon les quotidiens nationaux) à la demande l'Association des Médecins Algériens en France (MADEF) qui n'aurait pas été satisfaite des résultats de mars 2002 de la commission nationale des équivalences (62 équivalence accordées sur 294 dossiers déposés).

Il y aurait en France quelques 2000 médecins algérien.
Si quelque uns ont fait tous leurs cursus en France (médecine générale et spécialité) la plupart d'entre eux ne sont partis à l'étranger qu'après la fin des étude de médecine générale en Algérie soit parce qu'ils n'ont pas pu s'inscrire au résidanat dans la spécialité de leur choix soit pour effectuer une spécialité non enseignée en Algérie soit enfin pour des raisons personnelles.

Il y a également beaucoup de médecins spécialistes qui ont quittés le pays après l'obtention du diplôme de spécialiste (DEMS) dans des spécialités particulièrement demandés en France (anesthésie-réanimation, psychiatrie, chirurgie etc.).

Ces derniers bien sur ne posent aucun problème d'équivalence en Algérie mais c'est plutôt en France (ou dans tout autre pays) que ce problème se posent pour eux.
Outre ces trois cas de figure, il en existe au moins deux autres :

  • cas de médecins algériens ayant effectués des études de spécialités dans d'autres pays que la France (Europe de l'ouest, Europe de l'est, Afrique, Moyen-Orient).
  • cas de médecins étrangers souhaitant exercer la médecine générale ou une spécialité médico-chirurgicale en Algérie. (Ce cas de figure s'est posé à la commission nationale d'équivalence installée précédemment).

Si la science est universelle et donc peut être acquise partout dans le monde, le cursus des études dans tous les domaines de la connaissance varie d'un pays à l'autre selon des critères pédagogiques, les besoins et le niveau de développement du pays considéré.
Ainsi la durée des études peut différer d'un pays à l'autre de 1 à 2 ans pour ce qui est des spécialités médicales.

Selon le profil épidémiologique, certaines spécialités sont d'avantage développés que d'autres etc.
Pour garantir la qualité de la formation et pour assurer une sécurité dans la prise en charge des populations, chaque pays dispose d'une commission d'équivalence chargée de traiter les cas des médecins désirant venir exercer à titre individuel dans le pays d'accueil.
Les missions médicales venant exercer pour une période donnée ne rentrent pas dans ce cas.

En Algérie depuis l'indépendance, dans le cadre des relations d'état à état, plusieurs missions médicales étrangères (Inde, Chine, Cuba, France, etc.) sont venues exercer dans notre pays.
De même des missions médicales algériennes ont séjourné dans d'autre pays (Libye, Mauritanie, Niger, Mali, etc.).

Sans rentrer dans la polémique de l'égalité DIS = DEMS, ce qui est absolument faux dans plusieurs spécialités, la commission d'équivalence (comme l'a souligné le ministre) doit être souveraine et libre de prendre toute les décisions qu'elle jugera utiles sur la base de l'analyse technique de chaque dossier de candidat.
A charge pour la tutelle de prévoir un recours au cas où le candidat n'est pas satisfait de la décision.

Parmi les dossiers traités par la commission nationale d'équivalence en mars 2002 figure le cas :

  • de médecines algériens ayant fait des études de spécialités dans des pays africains ou d'Europe qui ne reconnaissent pas le diplôme algérien.
  • de médecins algériens ayant fait une spécialité n'existant pas en Algérie (cas de la chirurgie plastique et réparatrice ou de la chirurgie thoracique mais sans avoir fait le cursus de chirurgie générale ce qui est obligatoire)
  • de médecins algériens ayant séjourné dans différents services chirurgicaux mais n'ayant fait que de la cœliochirurgie par exemple.
    Ce dernier cas assez caricatural existe vraiment puisque dans une région du pays un médecin spécialiste a obtenu l'autorisation d'exercer uniquement la cœliochirurgie !?!
  • de médecins étrangers (non francophones) ayant fait leurs études dans leur pays d'origine et désirant exercer en Algérie.

Comme on peut le voir, les situations sont très différentes d'un cas à l'autre, et pour les spécialités où existe un savoir faire (spécialités chirurgicales, radiologie et endoscopie interventionelles), il est du devoir des experts de la commission d'évaluer ce savoir faire pour chaque candidat avant de l'autoriser à exercer.

Professeur Larbi ABID le 8 février 2003
abid@santemaghreb.com


 
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