| En 1984-85, lors
de notre projet de mise en place du premier registre du cancer en
Algérie (Registre des Cancers Digestifs de la wilaya d’Alger
1985-1986), nous avons voulu connaître le taux de mortalité
par cancer au niveau du pays en nous rapprochant de l’Institut
National de Santé Publique (INSP). Nous avions alors constaté,
à notre grand étonnement, qu’aucune exploitation
des certificats de décès n’était réalisée
d’une part, que le taux de déclaration par wilaya était
extrêmement faible et que la qualité des données
figurant sur ces certificats ne permettait en fait aucune déduction
sur les causes médicales de décès.
Pourtant la mortalité constitue un des phénomènes
démographiques les plus importants en santé publique
et son taux représente le premier indicateur de l’état
de santé d’une population. Et si le niveau de mortalité
générale reste un indicateur nécessaire, il
est insuffisant, car il faut connaître également les
causes médicales de décès pour pouvoir réaliser
une surveillance épidémiologique de la population.
L’OMS propose à tous les états membre un modèle
international de certificat médical de la cause de décès,
où figurent, suivant un ordre précis, une cause immédiate,
une cause initiale et une ou plusieurs causes associées ayant
contribués de manière indirecte au phénomène
morbide.
Etant actuellement membre du conseil scientifique de l’INSP,
c’est avec une grande satisfaction que nous avons constaté
que l’institut a créé en 1995, une unité
chargée du recueil et de l’analyse des causes de décès
à l’échelle nationale et qu’il a démarré
une formation des praticiens (du secteur public et également
du secteur privé) à la certification du décès
selon les règles précises de l'OMS. Cette formation
qui s’est étalée tout au long des années
2005 et 2006 a intéressé pour l’année
2006, 641 médecins tant du secteur privé que du secteur
public de 16 wilayas. La formation des médecins des wilayas
restantes sera réalisé au cours de cette année
2007, voire également l’année 2008. Une réunion
annuelle des superviseurs de chaque wilaya est programmée
pour mars 2007, où une participation active de ces praticiens
sera mise en place.
L’analyse du taux de déclaration de décès
parvenu à l’INSP par rapport aux chiffres de décès
global donné par l’Office National des Statistiques
(ONS) montre que malgré une amélioration certaine,
un grand effort reste à faire : entre 1995 et 2003, seuls
10 à 15 % de déclarations parvenaient à l’INSP
; en 2004 ce taux est passé à 25 % et à 29,5
% en 2005.
Il faut signaler que certaines wilayates pourtant bien couverte
médicalement signalent moins de 10 % des décès
à l’INSP. Ces wilayas sont Bejaia, Tamanrasset, Tizi
Ouzou, Skikda, Constantine, Mostaganem, Ouargla, Oran, El Tarf,
Khenchela, Tipaza, Mila et Relizane. Enfin 3 wilayates sortent du
lot en ne signalant aucun décès ! Il s’agit
de Naâma, Témouchent et Ghardaïa.
Les Directions de la Santé de ces Wilayates (DSW) devraient
absolument y remédier. Outre le taux de déclaration
de décès, Il faut également noter le nombre
élevé de certificats de décès où
la cause exacte de décès n’est pas précisée
et où seul la mort naturelle ou la mort suspecte sont mentionnées.
Le chiffre, à l'échelle nationale, des causes mal
définies représentait 28 % en 2005. Pour beaucoup
de médecins, le certificat de décès est un
document qui est permet avant tout à la famille l’inhumation
du défunt.
L’analyse statistique des données fournies par les
certificats de décès, leur interprétation épidémiologique
et leur exploitation est une source d’information sur l’état
de santé de la population algérienne permettant la
planification, la gestion et l’évaluation des services
et des programmes de santé. Pour atteindre cet objectif,
la coopération très active et continue de la part
de tous les praticiens du secteur publique et privé est primordiale.
CIRCUIT DU CERTIFICAT
DE DECES |
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par Larbi Abid le 16 janvier 2007 |