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Cette réforme hospitalière qui est officiellement au stade
de la concertation au niveau d'une commission centrale présidée
par monsieur ZITOUNI, ancien ministre de la santé et professeur
de chirurgie générale, s'articule autour de 6 thèmes principaux
:
1. Besoins de santé et demande de soins :
- En principe basés sur l'épidémiologie dont le rôle incombe
en grande partie à l'INSP (Institut National de Santé Publique).
Mais existe-t-il des informations fiables à l'heure actuelle
? Certainement pas.
- Création de réseau pour les pathologies prévalantes
?
2. Structures hospitalières :
- Hygiène hospitalière
- Accueil et orientation rapide des malades en particulier
en urgence grâce à un accès rapide au plateau technique.
- entretien des bâtiments pour éviter la détérioration des
conditions de travail (étanchéité des sols, réfection réseau
électrique, installation de chauffage central etc.)
- réduction des délais d'attente pour l'hospitalisation
- amélioration de la qualité des soins
- Statut, hiérarchisation des soins, accréditation, régionalisation
?
- Création de bureau de la recherche clinique, structure
permettant de coordonner la recherche clinique au lit du
malade
- Généralisation de l'informatique dans tous les départements
et services en vue :
- D'améliorer le service rendu au patient
- Améliorer les conditions de travail du personnel
- Médicaliser le système d'information
- Dégager des gains de productivité
3. Ressources humaines (moteur de toute initiative) :
- statut des différents corps de la santé, mesures incitatives
- flexibilité par rapport au statut de la fonction publique
trop rigide.
- Favoriser les initiatives en matière d'organisation du
travail tout en veillant au respect du cadre réglementaire.
Développement du temps partiel, horaires décalés, amélioration
de la gestion des congés.
- Renforcement du personnel non médical en portant le ratio
à 1 agent/lit d'hospitalisation.
- Développer des actions nouvelles dans les domaines culturels
et sportifs
4. Ressources matérielles :
- Assainissement des dettes des différents établissements
de santé ?
- Effort particulier devra être réalisé en ce qui concerne
le parc auto (ambulances +++), la restauration, l'approvisionnement
et la sécurité.
5. Inter-sectorialité avec les ministères de l'intérieur,
du commerce, de l'agriculture, de l'environnement, de la défense
nationale et de l'enseignement supérieur etc.
6. Financement : point cardinal .
- Quel type de financement ? déglobalisation par service
? par acte ? par pathologie ?
N.B. (les titres des thèmes sont officiels alors que les
interrogations sont de l'auteur)
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Pour cette fin d'année 2002, le nouvel élément en rapport
avec cette réforme au niveau des hôpitaux est la mise en application
des fiches "RESUME CLINIQUE DE SORTIE" et "RESUME
STANDARD DE SORTIE"'.
Si la première, remise au patient, existait déjà dans la
plupart des services hospitalo-universitaires (à laquelle
s'ajoute dans les services de chirurgie le compte-rendu opératoire),
le "RESUME STANDARD DE SORTIE" apportera certainement
des informations très précieuses aussi bien aux décideurs
qu'à l'ensemble de la communauté médicale si l'ensemble des
médecins hospitaliers jouent le jeu et la remplissent de manière
exhaustive.
Mais là où le bât blesse c'est que cette fiche ignore
complètement le secret médical.
En effet comme on peut le constater, cette fiche comporte
tous les renseignements administratifs du patients mais également
les pathologies pour lesquelles il a été hospitalisé.
Cette fiche est remise à la sortie au patient ou à un membre
de sa famille afin de la remettre au bureau des admissions
qui est sensé se charger de la codification des pathologies
selon la CIM-10.
Plusieurs points sont à relever :
- Le patient ou un de ses parents prend nécessairement connaissance
de l'affection pour laquelle il a été traité. Celle-ci, si
elle est grave peut avoir été cachée par l'équipe médicale
au patient lui-même. Ce dernier peut ne pas vouloir que d'autres
membres de sa famille connaissent son mal.
- Il arrive que le patient sorte directement et ne remette
pas du tout la fiche au bureau des admissions. Le malade est
donc considéré comme toujours hospitalisé. Plusieurs patients
se sont présentés à la consultation postopératoire
avec cette fiche encore en leur possession.
- La codification CIM-10 par le personnel du bureau des admissions
entraînera d'importantes erreurs qui vont se répercuter sur
le profil épidémiologique des pathologies traitées dans les
différents services hospitaliers. Chaque service devrait lui-même
codifier les pathologies qu'il traite ce qui permettra à la
longue à l'équipe médicale de s'habituer à cette classification
(du moins pour les pathologies spécifiques à la spécialité
traitée).
Dans le service dont nous avons la charge, c'est cette solution
qui a été choisie.
L'Algérie étant un pays à tradition orale, les écrits sont
rares. Cela s'est aggravé avec l'instauration de la médecine
gratuite où les services des admissions ne se sentaient plus
obliger de recueillir un état civil de manière fiable à partir
de documents officiels et se contentaient de transcrire ce
que le patient ou un parent veut bien donner comme informations
sur l'état civil.
Ainsi un même malade changeait de nom, de prénom et même
d'âge entre le service des admissions, l'observation effectuée
par l'interne, le compte-rendu opératoire et le résumé de
sortie. La notion de date de naissance a pratiquement disparu.
Il y a donc nécessité de former des techniciens d'information
médicale au niveau de l'INSP comme cela a été réalisé pour
les agents de saisie travaillant dans les Registres du Cancer.
Il y va de la crédibilité des résultats de l'exploitation
de ces fiches sans oublier la fiche d'admission qui ne doit
pas être en contradiction avec ce résumé standard de sortie
ni avec la fiche navette (constituée de 8 pages !) introduite
il y a quelques mois et qui n'est pas exploitée ni remplie
de manière exhaustive.
Professeur Larbi ABID le 3 janvier 2003
abid@santemaghreb.com
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