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La fin de la médecine gratuite en Algérie
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A partir du début de l'année 2002, les patients se présentant dans
les structures de santé publique devront s'acquitter d'une contribution
financière pour avoir droit aux soins. C'est ce que prévoit un projet
d'arrêté interministériel soumis récemment au parlement.
Cette contribution représente les 20 % non pris en charge par la
sécurité sociale, ceci pour les hospitalisations.
Pour les consultations, le patient devra contribuer pour une somme
de 200 DA en médecine générale et de 400 DA en consultation de spécialité.
Il en est de même des explorations biologiques et radiologiques
qui étaient gratuites pour les patients hospitalisés. La journée
d'hospitalisation est également revue à la hausse puisqu'elle passe
de 100 DA symbolique non remboursable par la sécurité sociale à
3000 DA environ.
Cette mesure ne s'appliquera pas aux démunis et aux malades chroniques.
Outre cette source de financement , les assurances seront appelés
à participer lorsqu'il s'agira de prendre en charge des accidentés
de la circulation et les cliniques privés devront également régler
la note des patients évacués vers le secteur public.
Cette révision tend à augmenter les revenus des hôpitaux qui croulent
sous des dettes énormes au point où pratiquement les patients hospitalisés
sont obligés de ramener leur literie, d'assurer leur alimentation
et de réaliser pratiquement la plupart des explorations paracliniques
à titre externe dans le secteur privé lors de permission qui leur
sont octroyés par les médecins traitants.
Les initiateurs du projet prévoient une recette de 3,5 milliards
de dinars par an. Une première tentative remettant en cause la médecine
gratuite, dernier bastion de l'Algérie socialiste, a été initiée
par le professeur GUIDOUM, ministre de la santé de l'époque.
En effet l'arrêté du 7 janvier 1995 avait déjà invité les patients
hospitalisés à une contribution non remboursable de 100 DA par journée
d'hospitalisation, de 50 DA pour une consultation de médecine générale
et de 100 DA pour une consultation spécialisée. Cette initiative
a été suivie par la possibilité offerte aux praticiens hospitaliers
du secteur public de pouvoir exercer deux après-midi par semaine
à titre privé.
Il faut se rappeler que cette possibilité autorisée par l'ordonnance
N° 66-65 du 4 avril 1966 a été abrogée par l'ordonnance N° 74-94
du 1er octobre 1974.
Devant la pression des syndicats de médecins, les différents gouvernements
qui se sont succédés ne pouvant augmenter les salaires ont finis
par revenir à l'ordonnance du 4 avril 1966.
Ainsi au 31 décembre 2000, 91 cliniques privées totalisant près
de 2000 lits sont fonctionnelles. Ce chiffre est appelé à augmenter
dans les années à venir avec les 170 projets en cours de réalisation
et la décision de réduire à 7 le nombre minima de lits exigés.
S'il est raisonnable que le citoyen prenne en charge sa santé soit
directement soit par l'intermédiaire de son assurance maladie, il
faudrait que les structures sanitaires de santé publique soient
gérées par des administrateurs compétents en vue d'optimiser leur
rendement ce qui est loin d'être le cas l'heure actuelle où des
patients séjournent plusieurs semaines à l'hôpital en vue d'intervention
chirurgicale banale reportée à plusieurs reprises faute d'eau pour
laver le linge du bloc, de panne de respirateur ou d'ascenseur,
de réactifs au laboratoire etc. Dans des cas pareils, le séjour
est-il imputable au patient ?
Professeur Larbi ABID le 29 décembre 2001
abid@santemaghreb.com
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