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Maladie cœliaque - Dr Nani, maître assistant en gastro-entérologie : «Le régime sans triche» - Horizons - Algérie - 19/02/2009
La maladie cœliaque est une entéropathie auto-immune déclenchée par l’ingestion du gluten chez des sujets génétiquement prédisposés. Tantôt invalidante, tantôt asymptomatique, elle doit être, selon le cas, diagnostiquée ou dépistée afin d’éviter les complications qui entraînent un accroissement de la morbidité et de la mortalité.

Pour le moment, on ne peut avancer des chiffres exacts concernant la fréquence de la maladie en Algérie, mais cela dépasse les 500.000. Il n’y a pas de système de collecte d’informations spécifiques à ce type de maladie. Par contre, le nombre d’intolérants au gluten est en nette augmentation, et bien qu’elle soit souvent non identifiée, la maladie cœliaque évolue considérablement dans notre pays.
Nous sommes au sommet de l’iceberg. Mais avec l’avènement des marqueurs cœliaques (anticorps-antigliadine, anticorps-antitransglutaminose, anticorps-endomysium), on peut diagnostiquer des formes beaucoup moins expressives. Le deuxième élément qui permet de diagnostiquer la maladie consiste en des biopsies intestinales par le biais de l’endoscopie.
Dr Nani, maître assistant en gastro-entérologie, nous explique ce qu’il faut savoir sur cette maladie.

Dr Nani, à quoi est due la maladie cœliaque ?
La maladie cœliaque n’a pas une étiologie précise, elle est multifactorielle. Il existe un facteur toxique qui est le gluten présent dans les céréales (blé, orge, avoine…), et une prédisposition génétique.

Peut-on incriminer dans sa survenue l’introduction précoce (avant l’âge de six mois) du gluten ou l’absence de l’allaitement maternel ? Est-ce que l’introduction tardive du gluten diminuera-t-elle le risque de son apparition ?
On ne peut pas les incriminer directement dans la survenue de cette maladie mais ces facteurs peuvent peut-être révéler une maladie cœliaque latente. Et puisque on ne peut pas déterminer les enfants prédisposés, on évite systématiquement l’introduction du gluten avant l’âge de six mois.

Peut-on parler d’hérédité ?
On parle plutôt de prédisposition génétique, l’enfant dont les parents ou les frères sont atteints de cette maladie ayant plus de chance de la développer.

Pourquoi des produits en apparence ne contenant pas de céréales comme les conserves, les chocolats…sont-ils interdits aux malades ?
Les produits industrialisés et de conserve contiennent souvent des farines à base de gluten, donc il faut se méfier et se renseigner avant de consommer n’importe quel aliment.

Est-ce que les produits sans gluten qu’on retrouve sur le marché sont sûrs pour les malades ?
Ce sont généralement des produits d’importation soumis à un contrôle par des laboratoires spécialisés. Actuellement, des farines sans gluten sont fabriquées en Algérie.

Quels sont les conseils que vous pourriez donner aux personnes atteintes de cette maladie chronique ?
Pour les enfants, la responsabilité revient aux parents qui doivent surveiller leurs enfants et les sensibiliser pour qu’ils ne trichent pas sur le régime. Il faut préciser que le régime permet d’éviter beaucoup de complications comme le retard staturo-pondéral, le retard pubertaire qui peuvent avoir des retentissements psychologique et social sur l’enfant malade.
Pour les adultes, le régime doit être maintenu à vie, il est qualitatif et non quantitatif, c'est-à-dire qu’il ne faut pas tricher. Le malade ne doit pas manger des aliments interdits même lors des fêtes ou occasions car une prise de gluten même faible peut faire perdre le bénéfice d’une année de régime.
Les prises répétées de gluten entraînent une résistance au régime (la maladie ne répond plus au régime), là on parlera de maladie réfractaire et puis qu’on n’a pas de traitement, la prise en charge de ces malades est très difficile. Tout aliment suspect, doit être évité. Il faut demander conseil au médecin traitant. Les bénéfices du régime sont plus importants que le plaisir de manger des aliments avec gluten : plus de diarrhées, plus d’anémie, plus d’avortements, avoir des enfants après une stérilité… quoi de plus magnifique ! Le régime est difficile la première année mais dès que le malade constate les résultats, il est encouragé et continue à le suivre.

Entretien réalisé par Lamia Baïche

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