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| Le professeur Bougharbal : Faire confiance aux spécialistes algériens - El Moudjahid - Algérie - 22/05/02 | ||||||||
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El Moudjahid : Des équipes étrangères (libanaise, française, écossaise et suisse) de soins de haut niveau ont été invitées à procéder à des interventions chirurgicales au niveau de votre établissement. Peut savoir le but principal de ces visites ? Le Pr Bougharbal : “Ces équipes ont été invitées dans le cadre de la formation. Elles ont procédé à des interventions chirurgicales en matière d’anévrisme de l’aorte, artère rénale redux dilatation, stent, cathétérisme, greffon rénal et angioplastie, angioplastie coronaire, chirurgie corono-valvaire… cette initiative du ministère de la santé et de la population entre dans le cadre d’une stratégie globale qui vise d’une part à réduire les dépenses induites par le transfert des malades à l’étranger et surtout de permettre à nos spécialistes d’apprendre certaines techniques et d’actualiser leurs connaissances en la matière. Ces derniers ont pu suivre de près les différentes techniques d’interventions chirurgicales et acquérir les expériences spécifiques à chaque équipe”. Ces équipes ont eu un programme chargé pendant leur visite au niveau de votre établissement. El Moudjahid : Quel a été le bilan de leurs activités ? Le Pr Bougharbal : “En tout on a fait une vingtaine de malades. Mais le plus important ce n’est pas le nombre de patients opérés, c’est surtout apprendre les techniques de ce genre d’interventions chirurgicales afin que nos chirurgiens puissent démarrer en la matière et généraliser leur travail au niveau de tout le territoire national pas seulement au centre. Comme dit le proverbe chinois “si tu donnes un poisson au pauvre, tu ne règle pas le problème, mais si tu lui apprends à pêcher tu le règle définitivement”. Donc, il ne s’agit pas de ramener les équipes étrangères juste pour opérer les malades algériens, mais surtout d’aider nos spécialistes afin qu’ils puissent suivre et apprendre certaines techniques utiles pour la réussite de ce genre d’interventions. Quant on envoie un jeune médecin pour une formation à l’étranger, il n’est pas évident qu’il puisse accéder directement aux techniques utilisées. Même s’il est très sérieux, sa présence au niveau de l’hôpital le laisse loin de l’équipe de soins car il est considéré comme stagiaire étranger. Donc le feed-back n’est pas aussi simple que cela. Avec cette méthode on n’a plus besoin d’envoyer nos spécialistes pour une formation à l’étranger… C’est une méthode très bénéfique. Quand on envoie un spécialiste pour une formation on a un seul algérien qui est formé. Mais si on ramène des équipes étrangères chez nous, on peut former jusqu’à dix spécialistes, qui profitent du savoir-faire et des expériences de ces étrangers et qui les assistent dans les blocs opératoires. Là le transfert de la technologie est direct, immédiat et sans perte”. El Moudjahid : Justement, de quelle manière les spécialistes algériens ont pu profiter du programme tracé au cours de ces visites ? Le Pr Bougharbal : “En réalité, ils en ont profité à un double titre, en matière d’anesthésie réanimable. Car aussi bien les écossais que les suisses ont utilisé une nouvelle méthode qui consiste à endormir le patient d’une manière très courte. Le malade est réveillé sur la table d’opération, une fois que l’intervention est terminée. Le relais est pris par la suite par la gestion de la douleur qui n’a aucune raison d’exister avec cette méthode. Cette dernière est très efficace du moment qu’on injecte moins de drogue, on altère moins les fonctions virales, le malade est conscient, il respire spontanément, le séjour en réanimation est plus court et il risque moins d’infections”. El Moudjahid : Toujours dans ce même cadre existe-t-il un projet pour faire venir nos spécialistes algériens résidant à l’étranger afin qu’on puisse profiter de leur expérience ? Le Pr Bougharbal : “Ceci est du ressort de la tutelle et du ministère de l’enseignement supérieur. Maintenant, il est vrai que nous avons des relations personnelles (des collègues), comme le Dr Boughalem qui vient régulièrement à Alger et qui mène des opérations en matière de cardiologie interventionnelle bénévolement, au niveau de notre établissement. Je citerai aussi le Professeur Bouhamidi spécialiste en neuro-chirurgie, installé à Grenoble. On lui a fait appel pour le traitement de la maladie de Parkinson par radio-chirurgie. Il y a aussi le professeur Boudjemâa, installé à Rouen qui est un spécialiste de niveau international en ce qui concerne la greffe de foie et qui est disposé à venir à tout moment dans le cadre du transfert de la technologie. Je ne terminerai pas sans citer le Professeur Zerhouni, directeur de la recherche médicale aux Etats-Unis qui est déjà venu l’année dernière et qui est prêt à revenir chaque fois que le secteur a besoin de ses compétences. El Moudjahid : En tant que président de la commission médicale nationale, pourriez-vous nous donner une idée sur le prix d’une prise en charge pour des soins à l’étranger ?
Le Pr Bougharbal : “Pour une dilatation coronaire
à stent, il faut compter à peu près six jours d’hospitalisation à raison
de 9 000 FF/ jour ce qui nous revient à 54 000 FF. Par contre ce genre
d’intervention ici en Algérie nous coûte l’hospitalisation habituelle
et le prix de stent qui est de 7 000 DA. On place généralement deux stent
par malade plus les ballons, les cathéters… Il faut compter à peu près
20 millions de centimes. En ce qui concerne la chirurgie cardiaque, les
coronariens en France nous reviennent à 100 000 FF, c'est-à-dire 120 millions
de centimes. En Algérie ils nous reviennent à 20 millions de centimes,
parce que il y a des dépenses en ce qui concerne les médicaments, les
drogues, le pacte de CEC et l’oxygénation. S’agissant des remplacements
valvulaires, c’est les mêmes prix, plus celui de la valve. Cette intervention
nous coûte environ 28 ou 30 millions de centimes par contre en France
elle est éstimée à 140 ou 150 millions de centimes. Le rapport est toujours
de 1 à 4 à peu près. C’est normal, parce que, dans le prix d’une prestation
de santé, la part du personnel est importante. Lire l'article original : www.elmoudjahid-dz.com/pdf/2002/05/22/html/sante.htm#1 |
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