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Dossier : Biotechnologies - La biotechnologie dans l’agriculture et l’alimentation : Réduire la pression sur les ressources naturelles - La presse - Tunisie - 30/05/02

Il est un fait : l’évolution de la population mondiale pose aujourd’hui de sérieux problèmes au niveau de la production et de la distribution de vivres. En effet, selon les projections actuelles, cette population devrait atteindre les 9 milliards d’ici 2050.

Compte tenu de faibles taux de fécondité et d’une augmentation parallèle de l’espérance de vie, la proportion de personnes augmente rapidement dans certains pays développés. Dans les pays en développement, ce n’est pas le même cas. On retient plutôt l’inverse. La population est beaucoup plus jeune, l’exode rural se poursuit dans plusieurs régions. Un exode qui tend à accélérer le vieillissement de la population des zones rurales, et à accentuer la pénurie de main-d’œuvre dans les campagnes. Cela va avoir des conséquences profondes dans le domaine agricole, dans la mesure où le transport et la transformation des produits vivriers, ou encore la capacité de la population à s’en procurer représentent des aspects plus déterminants de la sécurité alimentaire.

Les populations et les approvisionnements vivriers sont toutefois vulnérables en cas de maladies. Justement les maladies font baisser la productivité, ne conditionnent pas l’approvisionnement total des denrées alimentaires, et limite l’accès à la nourriture. Par ailleurs, l’on reconnaît que la pression des populations sur les ressources naturelles est de plus en plus forte. Il faut dire en effet que les systèmes anciens de gestion des ressources sont généralement exploités de façon intensive sous l’effet de l’accroissement démographique et des sollicitations du marché. Egalement, la surexploitation de terres marginales se poursuit à un rythme rapide, transformant des champs en désert et privant ainsi les générations futures de terres indispensables à la culture et à l’élevage.

Toutefois, l’on pense que le recours aux biotechnologies dans le secteur agricole et alimentaire a réduit l’impact de tous ces facteurs. On estime justement que les nouvelles biotechnologies, qui sont à la fois des instruments de recherche et de nouveaux moyens de production des denrées alimentaires et agricoles, ouvrent des perspectives prometteuses. Ces biotechnologies pourraient contribuer à accroître les disponibilités de produits alimentaires, ainsi que la diversité et la qualité de ces produits, réduire les coûts de production et de transformation, limiter l’utilisation de pesticides et atténuer la dégradation de l’environnement. Elles pourraient aussi servir à produire de nouveaux vaccins pour les animaux, à améliorer la sécurité des produits alimentaires, à rallonger la durée possible du stockage et à modifier le contenu nutritionnel des aliments.

Par ailleurs, la biotechnologie recouvre toute une série de techniques, dont beaucoup ne soulèvent aucune objection, de même que ce qu’il est convenu d’appeler le génie génétique. L’un des aspects essentiels de ce processus est la capacité de sélectionner et de manipuler du matériel génétique avec une grande précision et de transférer des traits intéressants d’une espèce à l’autre. La biotechnologie permet aussi de créer des organismes clonés et de modifier des mécanismes reproductifs. Toutefois, la capacité de transférer des gènes ne permet en rien de savoir quels sont les gènes qui doivent être transférés. De même, en plus de la recherche agricole, la plupart des applications du génie génétique qui ont donné de bons résultats jusqu’à présent ont surtout eu des retombées lucratives pour les entreprises, du secteur privé notamment, qui les ont mises au point. En effet, protégées par des lois restrictives sur la propriété intellectuelle, ces applications peuvent contribuer à renforcer la concentration du pouvoir économique.

En plus, en dépit du manque de preuves empiriques, ces produits peuvent présenter de nouveaux risques, tant pour l’environnement que pour la santé des populations. On peut relever à ce propos le transfert de composés alimentaires allergéniques à des produits qui n’en contenaient pas, le remplacement de diverses populations naturelles par des variétés issues du génie génétique plus uniformes et plus agressives. On peut aussi imaginer que les nouvelles biotechnologies soient mises au service du bioterrorisme. A. SOUADI

Lire l'article original : www.lapresse.tn/dossiers/textes/entre.html

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