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| Dossier : Biotechnologies - Entre sécurité alimentaire et risques d’une révolution médicale - La presse - Tunisie - 30/05/02 | ||||||||
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Les biotechnologies constituent un outil important pour le développement durable de l’agriculture, des pêches et des forêts, ainsi que du secteur agroalimentaire. A condition d’être judicieusement associées à d’autres technologies de production de denrées alimentaires ou de produits et de services agricoles, les biotechnologies pourront, au cours du nouveau millénaire, contribuer dans une large mesure à la satisfaction des besoins d’une population en expansion et toujours plus urbanisée. Il existe un large éventail de «biotechnologies» utilisant des techniques et susceptibles d’applications différentes. La convention sur la diversité biologique définit les biotechnologies comme suit : «Toute application technologique qui utilise des systèmes biologiques, des organismes vivants ou des dérivés de ceux-ci pour réaliser ou modifier des produits ou des procédés à usage spécifique». Interprétée lato sensu, la définition des biotechnologies englobe de nombreux outils et techniques qui sont d’usage courant dans le secteur agroalimentaire. Interprétée stricto sensu, comprenant les nouvelles techniques de l’ADN, la biologie moléculaire et les applications génétiques, la définition couvre diverses technologies telles que la manipulation et le transfert de gènes, le typage de l’ADN et le clonage de végétaux et d’animaux. Alors que de nombreux aspects des biotechnologies et de leurs applications ne prêtent guère à controverse, les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont devenus l’objet d’un débat très serré et parfois passionné. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) reconnaît que le génie génétique offre des possibilités d’accroître la production et la productivité de l’agriculture, de la foresterie et des pêches. Il permettrait d’obtenir des rendements supérieurs sur les terres marginales des pays dont la production actuelle est insuffisante pour nourrir leur population. On sait d’ores et déjà que le génie génétique contribue à limiter la transmission des maladies humaines et animales grâce à de nouveaux vaccins. Grâce à d’autres méthodes biotechnologiques, des organismes permettant d’améliorer la qualité des denrées alimentaires ou de nettoyer des écosystèmes fragiles après déversement d’hydrocarbures et de métaux lourds ont été mis au point. Les cultures de tissus permettent de produire du matériel végétal plus sain et d’assurer aux agriculteurs des rendements accrus. La sélection pratiquée à l’aide de marqueurs et les empreintes génétiques permettent de mettre au point beaucoup plus rapidement et de manière beaucoup plus ciblée des génotypes améliorés pour toutes les espèces vivantes. Elles fournissent aussi de nouvelles méthodes de recherche susceptibles de faciliter la conservation et la caractérisation de la biodiversité. Grâce à ces nouvelles techniques, les scientifiques pourront reconnaître et cibler les locus des caractères quantitatifs et améliorer, ce faisant, l’efficacité de la sélection visant à résoudre certains problèmes agronomiques réputés insolubles, comme la résistance à la sécheresse et l’amélioration des systèmes radiculaires. Toutefois, des risques liés à certains aspects des biotechnologies suscitent les préoccupations de certains. Ces risques se répartissent en deux catégories fondamentales : les effets sur la santé humaine et animale et les conséquences écologiques. La plus grande précaution est de rigueur pour limiter les risques de transfert de toxines d’une forme de vie à une autre, de création de nouvelles toxines et de transfert de composés allergènes d’une espèce à une autre, phénomènes qui pourraient donner lieu à des réactions allergiques non prévues. Les risques pour l’environnement incluent l’éventualité d’une allofécondation qui pourrait conduire, par exemple, à l’apparition de plantes adventices plus agressives ou d’espèces apparentées plus résistantes aux maladies ou au stress écologique, bouleversant l’équilibre de l’écosystème. Il existe aussi un risque de perte de biodiversité du fait, par exemple, de l’éviction de cultivars traditionnels par un petit nombre de cultivars génétiquement modifiés. Aussi un système d’évaluation sur des bases scientifiques qui déterminerait de manière objective les avantages et les risques liés à chaque OGM s’impose-t-il. Cela suppose l’adoption d’une approche de précaution étudiant, cas par cas, les préoccupations légitimes suscitées par chaque produit ou procédé avant sa dissémination. Actuellement, l’investissement dans la recherche biotechnologique a tendance à être concentré sur le secteur privé et orienté vers l’agriculture des pays à revenu élevé, où il existe un pouvoir d’achat pour ces nouveaux produits. Compte tenu de la contribution potentielle des biotechnologies à l’accroissement des approvisionnements alimentaires et à l’élimination de l’insécurité alimentaire et de la vulnérabilité, il faudrait veiller à ce que les pays en développement, en général, et les agriculteurs pauvres en ressources, en particulier, bénéficient davantage de la recherche biotechnologique, tout en continuant à avoir accès à diverses sources de matériel génétique. La FAO s’efforce en permanence de déterminer les avantages potentiels et les risques associés à l’utilisation des technologies modernes pour accroître la productivité et la production végétales et animales. Toutefois, c’est aux gouvernements membres qu’il incombe de formuler des politiques en la matière. Les biotechnologies sont de même un outil important pour l’évolution de la médecine, celle du 3e millénaire, basée sur les caractéristiques génétiques de «chaque individu»... Dans le dossier qui suit (1) nous essayons de donner une idée sur ces nouveaux outils au profit de l’homme et de la nature. M.M. Lire l'article original : www.lapresse.tn/dossiers/textes/entre.html |
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