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LES CERTIFICATS D'HYGIENE NE SONT PLUS EXIGES / Les toxi-infections se multiplient - El Watan - Algérie - 22/05/02

Les services du registre du commerce n’exigent plus, des nouveaux commerçants, le certificat de conformité aux normes de l'hygiène et ce, depuis 1989. Avant, l’exigence d’un tel document permettait aux Bureaux communaux de l'hygiène (BCH) de contrôler le local du commerçant, son emplacement ainsi que son aménagement en équipements nécessaires à l’activité commerciale demandée.

Ce n’est plus le cas aujourd'hui, déclare le docteur Hellal du service de la prévention auprès du ministère de la Santé et de la Population : «Nos agents interviennent après que le commerçant eut entrepris son activité, mais pas avant», ce qui est de son avis à l’origine de défaillances gravissimes dans l'hygiène alimentaire. Pour preuve, «des commerçants continuent à vendre du pain sur les trottoirs, de la viande à ciel ouvert et persistent à transporter sur de longues distances des produits sensibles à la température comme les œufs sans aucune mesure de protection».

Le commerçant ne craint aucune sanction... ni celle de la DCP ni même celle des services de la commune agissant sur rapport des BCH. Mais le grand problème, explique-t-on au niveau du ministère de la Santé, est certainement ailleurs. D’une part, la prévention est l’affaire de plusieurs secteurs : la santé, la commune, la police, le ministère du Commerce, mais également celui de la justice. Les lois sont rigides et ne permettent pas l’intervention efficace pour les services de l'hygiène.

D'autre part, «il n’y a pas d'associations de consommateurs susceptibles de crier scandale ; cela facilitera la tâche à nos services sur le terrain», ajoute notre source. On se rappelle à titre d’exemple qu’au lendemain du scandale du cacher contaminé à Setif et qui a fait des ravages, une association de producteurs a vu le jour, alors qu’on s’attendait plutôt à une association de consommateurs.

Au ministère de la Santé, on qualifie cela de problème de mentalité, et d’ailleurs, «les gens continuent de consommer tous types de produits sans aucune attention». Et dans la majorité des cas, les conséquences sont dramatiques. Durant l’année 2001, la direction de la prévention a enregistré, au niveau d’Alger, 113 hospitalisations dont l’origine est le botulisme, surtout au niveau des cités universitaires et les cantines des établissements scolaires. C’est le cas notamment de la conservation de certains corps sensibles comme les œufs : « Le transport et l’entreposage des œufs ne sont pas respectés par les commerçants. Peu d’entre eux savent que les œufs doivent être conservés sous une température de 4 à 6° c. Ce qui fait que dans la majorité des cas, les produits faits à base de ces œufs comme les pâtisseries sont vite contaminés et les intoxications se multiplient.»

Récemment, la direction de la prévention a recensé pour l’année en cours (2002), 808 cas d’intoxication sur l'ensemble du territoire et dont les origines sont les conserves, le couscous, les fromages, la viande, le lait, les frites-omelettes, les yaourts et enfin l’eau. Cela dit, il est urgent de revaloriser et d’exiger le certificat de conformité aux normes d’hygiène pour le commerçant et une meilleure coordination entre les différents secteurs pour éviter le pire durant cet été. Par H. A.

Lire l'article original : www.elwatan.com/journal/html/2002/05/22/sup_html.htm

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