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| Grève des C.H.U. : Les malades grands oubliés du débat - Al Bayane - Maroc - 20/05/02 | ||||||||
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Les hospitalo-universitaires font grève, à cela, nous n'avons rien à dire, c'est leur droit le plus absolu, ils ne font que défendre leurs intérêts. Les revendications sont nombreuses, certaines ont été satisfaites, c'est le cas de l'intégration des maîtres assistants, l'annulation du concours pour le cadre des professeurs de l'enseignement supérieur en médecine et pharmacie, la promulgation du décret portant création des C.H.U. de Fès et Marrakech. Face à la sourde oreille des enseignants chercheurs en médecine, en pharmacie et en chirurgie dentaire, en grève depuis le 24 avril, la Primature a rendu public mercredi dernier un communiqué dans lequel elle invite les enseignants-chercheurs des C.H.U. à tenir compte des limites dans le cadre desquelles doit s'inscrire l'action revendicative. La question qui se pose est de savoir si par cette action les décideurs cherchent à intimider les enseignants en leur signifiant que la patience a des limites et qu'il va falloir attendre des jours meilleurs pour voir leurs revendications aboutir. Dans un raisonnement poussé à l'extrême on serait tenté de dire que le gouvernement souffle le chaud et le froid et que dans ces conditions les enseignants des C.H.U. auront de plus en plus de mal à faire la part entre leur nécessaire loyauté vis-à-vis de l'Etat et leur fidélité à la concrétisation des revendications si peu ambitieuses soient-elles. L'heure est à la vigilance que dicte le sens de responsabilité des uns et des autres si l'on veut éviter que ne se crée une situation par trop explosive à l'intérieur des établissements de santé. Il convient à cet égard de rompre avec la rigidité qui ne fait que confirmer voire amplifier à chaque revendication d'ordre catégoriel, l'effet de contagion à d'autres catégories socio-professionnelles non concernées par le conflit (le cas des médecins-internes). Dans cette spirale l'intérêt du malade semble largement ignoré dans ce débat de techniciens qui a tendance à voir et à vivre l'hôpital comme un carré protégé loin des préoccupations humaines ou sociales dans la mesure où la grève illimitée entreprise depuis le 24 avril 2002 touche de plus en plus à la santé des citoyens, à leur bien-être physique, mental et social. Le malade est aujourd'hui pris en otage, il ne sait plus à quel saint se vouer au moment où l'on parle de plus en plus du droit à la santé. Dans tous les cas de figure les citoyens décrivent sévèrement cette situation. Vivement une trêve, il n'y a pas de mal à faire des efforts si ces derniers peuvent aider à soulager la misère d'autrui ; les médecins universitaires ont le devoir de répondre présent aux attentes des malades. Les départements de tutelles (enseignement supérieur et santé) se doivent d'être à l'écoute des doléances des professionnels de santé surtout quand les revendications sont légitimes et justifiées. La grève n'est pas une fin en soi c'est un moyen, d'autre part la liberté des uns s'arrête là où commence le droit des autres. A bon entendeur, salut. Lire l'article original : albayane.casanet.net.ma/albayane/Detail.asp?article_id=25876 |
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