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N°92 Novembre - Décembre
2001
Spécial Algérie |
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| L'HTA
au Maghreb |
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| L'hypertension
artérielle (HTA) est une affection dont les risques de retentissement
cérébro vasculaire, cardiaque et rénal en font un grave problème
de santé publique. L'HTA est un trouble fréquent et presque
universel sévissant aussi bien dans les pays développés qu'en
voie de développement.
En effet, c'est au tout début du XXème siècle qu'en 2 à 3
générations, la société est passée d'un monde rural à une
vie urbaine avec aggravation de la fréquence de certaines
affections comme la maladie coronaire, véritable rançon de
ce changement brutal de mode de vie [2].
L'HTA est une affection présentant des facteurs de risque
comme l'âge, l'obésité, le tabagisme, les antécédents familiaux
d'hypertension artérielle et le stress. C'est un facteur indépendant
dans la morbi-mortalité cardio-vasculaire, nettement démontré
dans les grands essais effectués dans le monde et largement
coupable dans le rôle aggravant de l'athérosclérose.
Pour poser le diagnostic de maladie hypertensive, il faut
se baser soit sur les recommandations américaines ou celle
de l'OMS, en sachant que le problème de la technique de prise
tensionnelle n'est absolument pas à négliger devant les possibilités
de faux négatifs ou positifs. Le choix des critères de diagnostic
est tout à fait arbitraire, cependant une bonne technique
de prise tensionnelle est un geste essentiel et précis que
l'on doit faire de façon systématique en consultation pour
permettre un dépistage de masse de l'HTA et la détection précoce
des hypertensions artérielle légères, avant la survenue de
complications.
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| Rigidité
artérielle, pression pulsée et risque cardio-vasculaire |
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| Données hémodynamiques
:
La rigidité des gros troncs artériels (GTA) comporte des modifications
de l'organisation structurale des différents composants de
la paroi artérielle qui conduisent à la réduc-tion de la distensibilité
des GTA. Cette atteinte est distincte de l'athérome, bien
que ces deux pathologies puissent co-exister [1, 2]. Elle
est la conséquence majeure du veillissement, et sur le plan
clinique, s'exprime essentiellement par une augmentation de
la pression pulsée (PP) [1,3].
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| La
mesure ambulatoire de la pression artérielle (MAPA) |
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| Grâce au progrès
dans le domaine technologique et de la recherche clinique,
la MAPA est devenue au fil du temps quasi incontournable en
complément de la mesure occa-sionnelle de la PA.
En effet, elle possède plusieurs atouts : sa reproductibilité
permet de mieux apprécier le niveau tensionnel d'un patient,
l'effet "blouse blanche" est facilement éliminé, enfin elle
permet d'étudier les niveaux de PA d'un sujet dans son cadre
de vie quotidienne (activités, repos, jour, nuit, etc.), son
intérêt sur les plans diagnostique, thérapeutique et pronostique
n'est plus à démontrer.
La mesure ambulatoire de la pression artérielle (MAPA) est
connue depuis plusieurs années. Elle apparaît dès 1962 grâce
à l'appareil de Remler qui permet une prise semi-automatique
de la pression artérielle (PA). En 1968, Penaz met au point
le Finapress. En 1979 Spacelabs et Del Marc Avionics présentent
les premiers appareils de MAPA totalement automatiques.
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| L'Echodoppler
cardiaque dans l'hypertension artérielle |
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| Le pronostic de
l'hypertendu, s'il est lié au contrôle de la pression artérielle
(PA), dépend de la présence d'une hypertrophie ventriculaire
gauche (HVG).
En effet, des études échocardiographiques ont clairement établi
que l'HVG est un facteur de risque de morbi-mortalité cardiovasculaire,
indépendamment de l'âge, du niveau de PA et des autres facteurs
de risque.
L'échographie est la technique de choix pour la détection
de l'HVG, comme en attestent son excellente sensibilité (93%)
et sa bonne spécificité (> 90 %), elle permet d'éva-luer la
fonction ventriculaire gauche, de guider et d'évaluer le traitement
médical.
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| HTA
et accidents vasculaires cérébraux |
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| La gravité de l'hypertension
artérielle (HTA) tient à son retentissement sur les organes
cibles : cerveau, coeur et rein.
Les complications neurologiques sont multiples : encéphalopathies
hypertensives, accidents vasculaires cérébraux et démences
vasculaires.
L'accident vasculaire cérébral (AVC) est certainement la complication
la plus fréquente et la plus redoutable qui reste responsable
d'une lourde mortalité (30 à 45 % à 6 mois), et ce malgré
les grands progrès réalisés ces dernières années que ce soit
dans le domaine de la neuro-imagerie (tomo-densitométrie,
imagerie par résonance magnétique) ou dans le traitement à
la phase aiguë (thrombolyse) [1].
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| Le
rein dans l'HTA |
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| La découverte d'une
HTA implique une série de démarches guidées par les données
cliniques et dont les objectifs essentiels sont :
- Préciser l'importance et le type d'HTA,
- Apprécier le retentissement de cette HTA,
- Rechercher les autres facteurs de risque,
- Analyser les arguments en faveur d'une HTA primitive ou
secondaire,
- Connaître les indications d'emploi des différentes classes
thérapeutiques anti hypertensives.
Au cours de toutes ces étapes, la place du rein doit être
prise en considération car cet organe joue un rôle déterminant
à la fois :
- Dans le régulation physiologique de la pression sanguine
artérielle (PSA) normale,
- Et dans les mécanismes physiopathologiques de l'HTA.
Un des problèmes importants à l'heure actuelle, en particulier
en raison du vieillissement de la population, est celui du
pronostic rénal à moyen et long termes des HTA moyennes et
modérées qui évoluent sur une période de 25 à 30 ans.
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| Dépistage
des sténoses des artères rénales |
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| Les sténoses des
artères rénales sont des rétrécissements intéressants leurs
lumières ; elles peuvent intéresser l'origine, le tronc, voir
leurs branches intra parenchymateuses. Les causes principales
qui déterminent ces lésions sont l'athérosclérose, les lésions
dysplasiques et les lésions inflammatoires de type Takayasu
; des causes plus rares sont possibles (ex : embolie, dissection).
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| Critères
de choix d'un médicament antihypertenseur |
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| En l'espace d'une
génération, les médicaments antihypertenseurs se sont multipliés
à une vitesse vertigineuse. Le praticien se retrouve perplexe
devant un éventail très large de mé`icaments avec souvent
une confusion entre information scientifique validée et information
commerciale. Ainsi, il en résulte sur le plan pratique un
fossé entre l'activité quotidienne du médecin et les études
scientifiques validées. Par ailleurs, l'abaissement des chiffres
de pression artérielle reste souvent le seul objectif thérapeutique
qui est pris en considération par le praticien et il existe
une méconnaissance du risque individuel global. L'approche
ancienne qui était basée sur une attitude stéréotypée et standardisée
: bêtabloquants pour les personnes jeunes et diurétiques pour
les personnes âgées a été remplacée par une approche actuelle
plus personnalisée et plus physiopathologique prenant en considération
de nombreux facteurs [1].
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| Les
nouvelles recommandations de l'OMS société internationale de
l'HTA (1999) Critiques et controverses |
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| L'Organisation
Mondiale de la Santé en collaboration avec la Société internationale
d'HTA a récemment publié un document de 56 pages [1] comportant
les dernières recom-mandations pour la prise en charge et
le traitement de l'HTA*.
Ces directives ont donné lieu à de nombreuses critiques et
contestations de la part d'experts en HTA et d'associations
de praticiens [2].
La première raison qui a jeté la suspicion sur ces recommandations
est la valse hésitation qui a précédé la publication de ces
recommandations. Le 4 avril, l'OMS diffuse un communiqué de
presse dans lequel elle se dissocie du groupe de travail et
dénonce le parrainage de l'industrie pharmaceutique dans la
diffusion de ces recommandations. Le 5 février, revirement,
l'OMS précise qu'elle n'exprime aucun désaccord et reconnaît
la validité scientifique de ces recommandations. Par ailleurs,
plusieurs observateurs ont noté que les recommandations WHO-ISH
1999 faisaient la part belle aux données issues de l'essai
systEur et de l'essai HOT, soutenus par des laboratoires pharmaceutiques.
Une lettre ouverte au directeur générale de l'OMS, co-signée
par des centaines de praticiens de 60 pays a été diffusée
sur internet [4] par les membres de la WONCA (World Organisation
of Family Doctors) dénonçant l'influence de certaines firmes
pharmaceutiques dans l'élaboration de ces recommandations.
Nous proposons un résumé des principales recommandations ainsi
que les principales critiques qui ont été formulées.
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