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N°102 Décembre 2002 - Spécial
Algérie |
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Généralités sur les
lombalgies
Pr A. Ladjouze - Rezig
Médecine du Maghreb n°
102, décembre 2002, p.5-6
Les lombalgies constituent un ensemble d'affections ayant
en commun un symptôme douloureux lombaire dont la fréquence
en rhumatologie est évaluée à 40 % des
patients consultés et dont les causes sont très
diverses.
La lombalgie doit être considérée comme
un symptôme et non comme une maladie. Elle peut être
l'expression d'une maladie viscérale (digestive, rénale,
génitale, aortique), infectieuse (tuberculose), tumorale
(métastases, myélome) inflammatoire (spondylarthropathie)
ou métabolique (ostéopathies).
Dans la majorité des cas, elle est l'expression d'un
désordre bénin régional dont la cause
n'est identifiée que dans 10 à 40 % des cas
et elle est appelée lombalgie commune.
Les lombalgies sont particulièrement fréquentes
chez l'adulte jeune, avec un pic de fréquence à
40 ans ; chez la femme, il y a une augmentation de la fréquence
à partir de 60 ans (ostéoporose).
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Les lombalgies d'origine discale
Pr F. Beloucif
Médecine du Maghreb n°
102, décembre 2002, p.7-9
Les désordres mécaniques affectant le rachis
lombaire sont multiples : ce sont surtout les lésions
musculaires, l'arthrose des articulations postérieures,
mais aussi la dégénérescence discale.
Aussi les lombalgies chroniques relèvent probablement
pour un quart à un tiers des cas d'un processus discal
: discarthrose ou lésions dégénératives
localisées, voire protrusion ou hernie discale.
La fréquence d'une telle pathologie est difficile à
évaluer, ceci d'autant plus qu'on sait la présence
des hernies discales latentes mises en évidence lors
d'études systématiques dans une proportion assez
importante chez des sujets totalement asymptomatiques.
Du point de vue physiopathologique, il a été
démontré la corrélation entre lombalgie
et dégénérescence discale. Le vieillissement
du disque intervertébral peut s'accompagner d'une altération
de la production de protéoglycanes entraînant
une diminution de ses propriétés mécaniques.
L'imagerie par résonance magnétique (IRM) a
permis de mettre en évidence des anomalies de signal
des corps vertébraux adjacents à un disque intervertébral
dégénératif chez certains lombalgiques,
suggérant des phénomènes inflammatoires
et/ou vasculaires locaux, ayant un rôle dans la genèse
de phénomènes douloureux locaux.
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Les lombalgies communes
Pr W. Mammeri
Médecine du Maghreb n°
102, décembre 2002, p.10-12
Les lombalgies sont très fréquentes et conduisent
souvent les patients à consulter. Elles affectent les
sujets de tous âges et d'origines diverses. Ce type
de symptôme est un véritable problème
universel.
La lombalgie "banale" est une douleur du "bas
du dos" qui a des caractères cliniques très
précis et une origine discale ou vertébrale
dégénérative.
L'origine discale étant traitée dans un autre
chapitre, notre propos ne portera que sur les lombalgies d'origine
vertébrale.
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Les lombalgies symptomatiques
Pr S. Abtroun
Médecine du Maghreb n°
102, décembre 2002, p.13-18
Les lombalgies symptomatiques sont moins fréquentes
que celles d'origine discale.
Elles sont secondaires à des affections :
- tumorales
- inflammatoires
- infectieuses ou parasitaires
- métaboliques
- extra-rachidiennes
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Les facteurs de risque des lombalgies
Pr A. Ladjouze - Rezig
Médecine du Maghreb n°
102, décembre 2002, p.19-21
Depuis plusieurs années, des équipes de chercheurs
anglo-saxons et français ont travaillé pour
identifier les facteurs de risque de survenue d'une lombalgie
et une réunion en avril 97 de la section Rachis de
la Société Française de Rhumatologie
a développé les points suivants :
- Facteurs de risques professionnels d'origine biomécanique
et physiologique,
- Facteurs de risque professionnels psychosociaux.
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Imagerie des lombalgies
Pr A Ladjouze - Rezig
Médecine du Maghreb n°
102, décembre 2002, p.22-25
La lombalgie doit être considérée comme
un signe d'appel d'une affection, dont il faut préciser
le cadre nosologique. L'importance d'une anamnèse bien
menée, d'un examen clinique soigneux, permet en général
de cerner un certain nombre d'hypothèses diagnostiques,
et le recours à des examens complémentaires
n'est nécessaire que dans certaines situations.
II ne convient jamais de se précipiter sur la demande
d'examens complémentaires sophistiqués et coûteux
(TDM, IRM, scintigraphie), et parfois invasifs (saccora-diculographie,
discographie, discoscanner), sous la pression forte des patients,
lorsque la lombalgie est récente, et n'est accompagnée
d'aucun signe d'alerte (déficit moteur, trouble sphinctérien,
fièvre, altération de l'état général).
Nous savons que la lombalgie est un symptôme pluri-factoriel,
et qu'il importe donc de tenter d'étudier par l'imagerie
moderne, les structures pouvant concourir à sa genèse,
tout en sachant, par ailleurs, qu'une étude réalisée
par Pyhtinen n'a pu incriminer clairement, grâce à
l'imagerie médicale, une cause précise que dans
19 % des cas étudiés.
Par ailleurs, la découverte d'une anomalie à
l'imagerie, n'est pas rare, et nous pouvons rarement affirmer
qu'elle soit seule responsable de la douleur. En effet, certaines
hernies discales, visualisées par la tomodensitométrie,
n'ont jamais occasionné de rachialgie ou de radiculalgie.
A l'opposé, il ne faut pas négliger l'exploration
de certaines lombalgies.
Il convient donc de hiérarchiser les examens, et de
ne pas foncer sur l'IRM, si des radiographies standards peuvent
être réalisées.
- Quelles données peuvent être fournies par
les différents examens complémentaires ?
- Quels sont leurs intérêts ?
- Quelles sont leurs limites ?
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Les lombalgies de l'enfant
Pr A Ladjouze-Rezig
Médecine du Maghreb n°
102, décembre 2002, p.26-27
Les lombalgies de l'enfant et de l'adolescent ont longtemps
été considérées comme rares et
graves.
Depuis une quinzaine d'années, plusieurs études
épidémiologiques ont permis de constater que
la lombalgie commune existe chez l'enfant, avec la même
fréquence que chez l'adulte.
L'enfant n'est donc pas épargné par le mal du
siècle qu'est le mal de dos.
Plusieurs équipes européennes se sont intéressées
à l'enfant lombalgique et travaillent depuis de nombreuses
années afin d'essayer de répondre à certaines
questions :
- Quelle est la fréquence de la lombalgie chez l'enfant
?
- L'enfant lombalgique sera-t-il l'adulte lombalgique de
demain ?
- Peut-on prévenir la lombalgie chez l'enfant ?
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Prise en charge de la lombalgie chronique
Pr. N. Brahimi
Médecine du Maghreb n°
102, décembre 2002, p. 28-30
La lombalgie chronique est une affection fréquemment
observée en pathologie courante, sa prise en charge
effective nécessite la collaboration du médecin
généraliste et du spécialiste. Son diagnostic
ne sera retenu qu'après avoir éliminé
certaines affections graves (inflammatoires, infectieuses,
tumorales et osseuses) en sachant toutefois que cette affection
sera soutenue et prolongée par plusieurs facteurs qu'il
faut savoir rechercher (psychologique, socio-économique,
professionnel et médical).
La lombalgie chronique est une douleur lombo-sacrée
médiane ou latéralisée avec possibilité
d'irradiation ne dépassant pas le genou durant au moins
3 mois sans amélioration.
Il s'agit d'une douleur rachidienne d'origine disco-vertébro-ligamentaire.
Les sujets lombalgiques ont des profils psychologiques particuliers
et un terrain dépressif,
La physiopathologie de la lombalgie chronique est mal élucidée.
Le disque intervertébral joue un rôle, qu'il
existe ou pas une hernie discale :
- les articulaires postérieures (sub-luxation ou
lésions dégénératives)
- la déficience des muscles para vertébraux
et des ligaments
- Le rôle respectif d'une anomalie de la charnière
lombo-sacrée ou d'une inégalité de
longueur des membres inférieurs.
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Traitement des lombalgies
Pr N. Brahimi - Pr A. Ladjouze-Rezig
Médecine du Maghreb n°
102, décembre 2002, p. 31-33
La prise en charge thérapeutique des lombalgies est
probablement l'une des plus difficile qui soit.
En effet, aucun consensus n'a été établi,
et il existe par ailleurs plusieurs types de lombalgies et
plusieurs types de lombalgiques.
Il appartient dès lors au médecin de tenir compte
de la spécificité de chacun dans son attitude
thérapeutique.
Les différents moyens utilisés varient selon
le type de lombalgie présentée par le patient.
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Que faut-il retenir ?
Pr A. Ladjouze-Rezig
Médecine du Maghreb n°
102, décembre 2002, p. 34-36
Les lombalgies sont fréquentes en pratique courante
et leur incidence ne cesse de croître. Elles représentent
un véritable problème de santé publique,
car elles sont pourvoyeuses de dépenses majeures et
parfois de handicap fonctionnel. Elles concernent toutes les
tranches d'âge, les femmes autant que les hommes, les
travailleurs de force sans épargner les sédentaires.
Avant d'affirmer le diagnostic de lombalgie commune, il convient
de s'assurer qu'il ne s'agit pas d'une lombalgie symptomatique
qui justifierait une thérapeutique spécifique
urgente.
En général, une anamnèse et un examen
clinique bien conduits permettent de classer la lombalgie
dans un des cadres nosologiques suivants :
- Lombalgie aiguë (lumbago),
- Lombalgie d'origine discale,
- Lombalgie symptomatique,
- Lombalgie commune,
- Lombalgie de l'enfant.
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